Faudrait p’t-être arrêter de nous prendre pour des c…

28 octobre 2009

Oui, il faudrait peut être arrêter de nous prendre pour des crédules.

Depuis quelques mois ON agite des yoyos sous notre nez.
pantin.1. Depuis quelques mois ON nous manipule comme des marionnettes.
Comment ?
Et bien,

    - si on fait abstraction des suicidés de France Télécom qui passionnent tout autant la majorité des français que le sort de cheminots qui seraient atteints d’une frénésie de Suppuku après un de ces mouvements de grève dont ils se sont fait une spécialité… Pour défendre les usagers (sic),
    - si on fait abstraction de trois malheureux afghans rapatriés chez eux avec chacun 2000 euros offerts par le gouvernement français ce qui les aidera à trouver un nouveau passeur pour revenir en Europe,

chien os que nous a t’on donné en pâture ces derniers mois pour nous occuper l’esprit ?

    - Un procès Clearstream dont le résultat dans un sens ou dans l’autre n’offre absolument aucun intérêt tangible pour les français.
    - La candidature d’un fils de… qui ne sera ni le premier ni le dernier à utiliser son papa comme marchepied pour asseoir son popotin sur un trône.

Comme ces affaires ont fini de faire jaser, il fallait trouver de nouveaux yoyos pour occuper les pantins que nous sommes.
La polémique avec la lecture imposée de la lettre de Guy Mocquet dans les écoles ayant fait long feu, c’est le ministre de l’immigration, Eric Besson, qui s’y est collé.
Qui, mieux qu’Eric Besson, un homme intègre, un homme que personne ne pourrait accuser de renier ses convictions, pouvait proposer de faire chanter les petits français.
Euh… Je voulais dire leur faire chanter « La Marseillaise ».
L’objectif déclaré d’Eric Besson : « Réaffirmer la fierté d’être français ».
N’est il pas génial cet homme là ? À mon avis, il a un véritable avenir politique. Tout au moins tant que durera le règne de notre vénéré président Tsarkozy ler
Je n’ai rien contre « La Marseillaise » (j’adore même l’entendre chanter par Serge Gainsbourg) mais à une époque où - comme chaque fois que survient une crise financière - les conflits de races et de religions semblent de nouveau s’exacerber il me semble qu’il serait plus intelligent d’enseigner la tolérance que chanter une ode au meurtre.
chanteur garçon chanteur fille Et avant d’envisager de faire chanter « La Marseillaise » aux écoliers français, il me semblerait prudent de savoir s’ils connaissent le sens de mots comme « sillons », « cohortes », « joug », « opprobre »,… Et ce qu’ils soient en classe primaire ou candidats au baccalauréat.
Je ne voudrais pas paraître vipérine mais, à mon avis, le résultat ne devrait pas être triste.
Je vous rassure, si la proposition d’Eric Besson n’est pas retenue, une nouvelle polémique est en préparation qui nous occupera un bon moment avec tous ces derniers jugements qui gracient des policiers impliqués dans des accidents meurtriers.
Et pendant ce temps, qui s’alarmera des nouvelles taxes ou contributions, ou extorsions ? Qui s’inquiétera des nouvelles augmentations du coût de la vie qui nous pendent au nez dans un pays qui s’appauvrit ?
Qui se préoccupera des travailleurs jetés à la rue comme des mouchoirs maculés par des entreprises qui continuent à licencier à tire-larigot au nom de sacro-saint profit ?
Qui s’étonnera de voir des agriculteurs, ceux-là mêmes qui produisent de la nourriture, crever de faim ?
Pendant ce temps, qui, à part Augustin Legrand et quelques Don Quichotte ou quelques associations caritatives, s’angoissera VRAIMENT pour les sans abris qui s’apprêtent à « mourir » un nouvel hiver ?
(Si le verbe employé vous choque, qui esquinte la sémantique, excusez-moi mais, dans le contexte, il m’aurait paru indécent d’écrire « vivre » un nouvel hiver.)
jeu cirque Les empereurs romains avaient inventé les jeux du cirque pour « amuser » la plèbe et l’empêcher de grogner.
Au siècle de la communication, le gouvernement avec, à sa tête, un impérial président (ou un président impérial ?) a trouvé une idée originale et - c’est tout à son honneur - moins onéreuse : la polémique.

barre poissons

Les illustrations proviennent des sites suivants :
La barre poissons gobe-mouches :
http://foliesdegriblo.free.fr/
Le pantin : www.jeujouethique.com/
un site sympathique de vente de jouets Très sympathiques
Jeux du cirque : http://mimi40.centerblog.net/

M’sieur, M’sieur, y font rien que m’embêter !

20 octobre 2009

1962 - doigt haut Cour de récréation de l’école primaire ; c’est encore le petit Nicolas qui se sent une fois de plus agressé et qui lève un doigt dénonciateur en pleurnichant.

2009 - « M’sieur, M’dame, y font rien que m’embêter !»
Le petit Nicolas n’a pas beaucoup grandi mais il a pris de l’importance en courtisant la politique et la cour de récréation c’est tout le territoire français maintenant.

Si l’on se veut objectif, on admettra qu’il a motifs à récriminer.
Jugez plutôt.
Déjà, alors qu’il était ministre de l’intérieur, il était en butte à des violences inqualifiables autant physiques que verbales.
Vous ne vous rappelez pas ?

*- Dernier jour de janvier 2004, au Forum des Halles de Paris, un type lève le poing et, majeur tendu, interpelle le ministre : « Retourne en Chine, espèce de hongrois. ».
doigt honneur Si ce n’est pas ultra insultant ça ! Un poing levé en signe de menace, un majeur tendu signe injurieux on ne peut plus expressif, « espèce », un mot à connotation équivoque, « hongrois »… ? (Là, je me perds en conjectures. J’ai beau chercher je ne vois pas en quoi il est outrageant de s’entendre appeler « hongrois ». En plus avec le recul, je m’interroge sur les raisons pour lesquelles un hongrois devait retourner en Chine !!! )

*- Seulement quelques jours après, en février, le ministre explore un quartier de Strasbourg réputé dangereux, le quartier Hautepierre, lorsqu’il s’entend inviter à « Aller n.quer sa mère. » par un jeune alsacien. Ce qui, vous en conviendrez, est du plus mauvais goût et certain n’aurait pas hésité à châtier cette offense en gratifiant le délinquant d’un coup de boule.

*- À Toulouse, en février 2006, sous prétexte que la limousine qui transporte le ministre emprunte un sens interdit à une vitesse excessive, un individu belliqueux attaque le véhicule à l’aide de projectiles quelque peu surprenants… J’imagine le débat : « J’ai jeté un seul pot de yaourt. » se défend le contrevenant. « Il a lancé deux pots. » accuse la victime de l’attentat qui, pour bien démontrer l’abjection, fait valoir « En plus les yaourts jetés contre la vitre arrière étaient périmés. »

poignee main *- Enfin, en février 2008, alors qu’il visite paisiblement le salon de l’agriculture, l’ex ministre de l’intérieur devenu président de la république se voit infliger une fin de non recevoir des plus irrévérencieuses alors qu’il tend une main courtoise à un quidam.
« Touche-moi pas, tu me salis. » grogne hargneusement l’individu qui a manifestement des problèmes avec la sémantique.

    Petite remarque en passant : S’il était besoin d’une preuve pour démontrer que Nicolas Sarkozy n’est pas l’homme rancunier que d’aucuns prétendent, c’est qu’il n’a pas fait voter de loi pour supprimer le mois de février du calendrier.

Enfin pour en terminer avec les attaques subies par Nicolas Sarkozy, je n’ai pas besoin de rappeler (- ce n’est pas si vieux -) qu’il y a un an tout juste étaient commercialisées des poupées Vaudou à son effigie destinées à être transpercées à coups d’épingles par des frustrés un peu débiles ; je n’ai pas besoin de rappeler qu’il s’est vu contraint de déposer plainte contre un certain Dominique Villepin qui a cherché à lui nuire dans une magouille du nom de Clairstream.

Reconnaissez-le ; on deviendrait paranoïaque pour moins que ça.

Je m’étonne donc qu’on s’étonne quand notre président se sent personnellement attaqué lorsque son jouvenceau de rejeton subit les critiques des médias et des partis d’opposition pour oser briguer un poste qui requiert un administrateur chevronné.
C’est à un journal politiquement neutre que notre président a confié son désarroi :
« À travers cette polémique, qui est visé ? Ce n’est pas mon fils. C’est moi.
- Ceux qui ne se sont jamais fait à mon élection et qui n’ont rien à dire sur le fond essayent d’attaquer sur tous les sujets avec une mauvaise foi et une méchanceté qui ne trompera pas les Français.
»
On devine l’homme incompris, blessé. Qui pourrait rester insensible à cette douleur sous-jacente ?
pleur nico Qui pourrait ne pas être attendri par la fierté légitime de cet homme qui dévoile le cœur du père derrière l’homme d’État :
« J’ai été le premier surpris lorsque Jean a voulu se lancer dans la politique. Mais il m’a impressionné par sa ténacité, il travaille énormément et fait face avec beaucoup de courage à la dureté et à la brutalité des attaques. »
Et comment pourrait on douter de la sincérité de cet homme lorsqu’il déclare :
« La présidence de l’Epad est un poste non rémunéré. Il ne s’agit donc pas de prébende. C’est une élection, il ne s’agit donc pas de népotisme. »
Osez prétendre que vous n’êtes pas émus ?
Tenez, vous autres, là-bas, au fond, n’essayez pas de vous cacher ; je vois bien que vous avez la larme à l’œil.
Heureusement, il existe deux hommes prêts à défendre notre président avec bec et ongles ; deux hommes dont la loyauté ne peut être mise en doute car ils n’ont rien à lui devoir.
Le premier, c’est son ami Patrick Balkany qui reste toujours pudiquement loin de la scène politique ; le deuxième, son porte-parole, Frédéric Lefebvre, qui a tout compris de la cabale ourdit contre Nicolas Sarkozy et qui n’hésite pas à dénoncer les comploteurs lors d’une interview menée par Jean-Michel Aphatie le 19 octobre sur RTL :
« Le monde politico-médiatique veut déstabiliser le président de la République. »
« Pour Jean Sarkozy. Qui est visé ? C’est toujours Nicolas Sarkozy
»

Je veux croire qu’après avoir lu ce qui précède, tous les français, toutes les françaises, se seront fait une idée plus juste de la personnalité de notre président de la république ; je veux croire qu’aucun français, aucune française ne songera désormais à insulter, encore moins à critiquer*** notre président Nicolas Sarkozy. »

*** oui, oui, c’est écrit/classé par ordre d’importance clin d\'oeil potiron

barre requin

Les illustrations proviennent des sites suivants :
barre séparation requin : http://kyiunet.k.y.pic.centerblog.net/
doigt levé : http://www.clipart-gif.com/
doigt d’honneur : http://tazdanslalune.centerblog.net/
poignée main : http://larasoft.centerblog.net/
personnage en pleur : http://framboisine143.skynetblogs.be/

Comment gagner de l’argent facilement en calant son derrière sur une chaise

7 octobre 2009

Je ne comprends pas le tollé de protestations soulevé par cette initiative absolument géniale issue de cerveaux assurément astucieux :
- Rémunérer les six classes les plus assidues de trois lycées professionnels de banlieue parisienne. En l’occurrence, les lycées Lino Ventura à Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne), Gabriel Péri à Champigny (Val-de-Marne), et Alfred Costes à Bobigny (Seine-Saint-Denis).
ecolier Au lieu de vous indigner, au lieu de hurler, admirez plutôt la conception financière du projet.

Il est prévu que chaque classe débute avec un pactole de 2000 euros qui fructifiera en fonction de l’assiduité des lycéens.
Cerise sur le gâteau, un bonus pourra également être accordé en fonction d’une note de vie de classe (vie, on vous dit, pas chahut) attribuée par le professeur principal.
À la clé, une cagnotte de 10.000 euros.
(Mazette, ça fait rêver le pauvre crétin de 24 ans qui n’a pas droit au RSA parce que ce benêt là n’a pas réussi à travailler deux années de suite pendant les trois ans qui ont suivi sa sortie de l’école avec, en poche, un bac + des bricoles.)
Donc, et c’est là le trait de génie, pour faire fructifier la cagnotte, il faudra que le groupe limite au maximum les absences. (Euh !… Concrètement, limiter les absences, vous entendez ça comment ? )
ecoliers Qu’on ne se méprenne pas ; il est demandé aux lycéens d’être présents en classe ; pas de travailler ; pas d’écouter et encore moins d’apprendre.ecolierane À l’impossible, nul n’est tenu et certainement pas des têtes creuses qui ne comprennent même pas l’intérêt d’étudier.
Qu’on ne se méprenne pas ; il n’est pas question que chaque lycéen perçoive un ‘salaire’ pour récompenser son acte de présence.
L’idée serait, paraît il, que l’argent serve à financer un projet rattaché à un thème étudié en cours. Parmi les exemples cités figurent, notamment, les voyages scolaires, la création d’une entreprise ou d’une association, une action sociale, l’aménagement de la classe, l’achat de matériel informatique, sportif ou culturel, et même le passage de l’examen du Code de la route. (Ce sont des thèmes étudiés en cours de lycées professionnels, ça ?)
D’où les propos de Jean-Michel Blanquer, le recteur de l’académie de Créteil qui serait à l’origine du projet : « Il s’agit là de responsabiliser les élèves. »
D’où les propos de…. du Haut commissariat à la jeunesse ??? : « On n’est pas dans une logique de cagnotte individuelle. » « Ça s’inscrit dans un projet collectif de classe et, pour que cela fonctionne, il faut une solidarité du groupe. »
Le Haut commissariat à la jeunesse n’est pas une personne que je sache. Pourquoi ne pas citer nommément l’auteur de ces phrases ?
Parce qu’il se révèle être d’un utopisme insensé de croire à la solidarité d’un groupe formé à partir d’un collectif de candidats assidus à la seule école buissonnière ?
On peut ne pas être d’accord avec Jean-Michel Blanquer. Il faut lui reconnaître qu’il a le courage de ses opinions. Même s’il semble tout aussi chimérique de penser pouvoir responsabiliser des ‘gus’ irréfléchis.

logo MC Réflexion faite, l’idée de payer pour remplir les lycées n’est peut-être pas aussi géniale que ça et me paraît être une grande illusion de la part de ses concepteurs. Si encore la cagnotte était utilisée pour une occupation ludique comme, par exemple, l’attribution de logiciels de jeux vidéos softs tels que Soldier Of Fortune 1 et 2, Mortal Kombat… Ou pour organiser une distribution de boissons alcoolisées ou une orgie de cannabis…
Mais ce n’est pas une raison pour abandonner cette idée qui consiste à payer des ‘gaziers’ pour s’assurer leur présence. Je suis certaine qu’elle peut s’appliquer avec succès dans d’autres cas.
Par exemple, les candidats aux élections pourraient verser quelques euros dans une cagnotte pour chaque citoyen qui se donnerait la peine de se déplacer pour voter, que ce soit pour les législatives, les présidentielles,… Et après l’élection du candidat choisi, on pourrait offrir aux électeurs une gratification susceptible de provoquer leur convoitise du genre (bonne bouffe ?) collation ou (croisière ?) randonnée pédestre.
Par exemple, le ministère de l’Éducation Nationale pourrait rémunérer des individus pour donner des cours de rattrapage scolaire à ceux qui voudraient bien apprendre mais qui sont handicapés par un manque d’aptitudes intellectuelles.
ouvriers Par exemple, des patrons pourraient embaucher des gens pour les faire travailler dans leurs entreprises contre le versement d’une rémunération qu’on appellerait ‘salaire’.

barre oiseaux

La photo qui illustre cet article est la propriété du Foyer Culturel d’Antoing.
Elle figure sur la page web http://www.famawiwi.com/pages/01-les_fours_a_chaux.php
et je remercie les créateurs du site de me permetre de l’utiliser.

Les illustrations ont été empruntées aux sites suivants :
La barre de séparation : http://foliesdegriblo.free.fr/
L’enseignante : http://www.gifsanimes.net/
Le groupe d’écoliers : http://monptitrefugesecret.centerblog.net/
Le logo MC : http://www.gifsmaniac.com/

Lorsque le héros est un homme

4 octobre 2009

En avril 1943,
la majorité des juifs polonais parqués dans le ghetto de Varsovie depuis la date de sa création, le 12 octobre 1940, jour de Yom Kippour, a été déportée vers le camp d’extermination de Treblinka et ceux qui restent (60000 environ sur le demi million emprisonné en 1940 a t-il été estimé) savent que leur existence dans le ghetto est en sursis.
DG La nouvelle ne tarde d’ailleurs pas : le 19 avril, les allemands prennent la décision de liquider le ghetto. Les camps d’extermination attendent les derniers survivants. Alors, puisqu’ils n’ont plus rien à perdre que leur vie, une fraction d’entre eux décident de livrer un baroud d’honneur. Le combat de David contre Goliath version 20ième siècle avec le même ridicule rapport de force, avec la certitude que cette fois David sera terrassé.
Et en dépit d’un armement grotesque à force d’être réduit à sa plus simple expression, l’insurrection va quand même durer 3 semaines menée dans sa presque totalité par un gamin de 24 ans qui en a pris le commandement, Mordechaj Anielewicz. Dans sa presque totalité car les derniers jours, Mordechaj Anielewicz se suicide alors que les allemands s’apprêtent à le prendre au piège et c’est un autre gamin pas plus âgé Marek , Marek Edelman, qui reprend le flambeau de la révolte jusqu’à ce que l’incendie du ghetto provoqué par les allemands oblige les insurgés à la reddition.
Marek Edelman ainsi que quelques combattants parviennent à s’enfuir du ghetto en empruntant les égouts.
ghetto La population polonaise, éminemment catholique n’a jamais fait montre de charité envers les juifs, même celle qui n’a jamais approuvé les pogroms, et pas plus envers eux lorsqu’ils ont été claquemurés dans des conditions sordides. Marek Edelman et ses compagnons n’en ont donc que plus de mérite pour avoir rejoint la résistance polonaise au lieu de chercher à sauver leur peau.

En octobre 2009,

Marek Edelman décède en Pologne à l’âge de 90 ans, 66 ans après son évasion du ghetto de Varsovie.
Des années qui ont été utilement employées puisqu’après avoir participé à la bataille qui a délivré Varsovie de l’envahisseur allemand, puisqu’une fois la guerre terminée, Marek Edelman a fait des études de médecine pour devenir un éminent cardiologue.
Edelman Mais plus encore, des années utilement employées parce que cet homme là n’a jamais cessé de dénoncer l’autoritarisme (il a même été interné quelques jours en vertu de la loi martiale du 13 décembre 1981 imposée par le général Jaruzelski pour avoir rejoint l’opposition anti-communiste dès 1970 puis le syndicat Solidarnosc) tout comme il s’est toujours élevé contre le racisme, l’antisémitisme, et le sionisme outrancier.
Bon nombre d’israéliens - les dirigeants d’Israël en premier - ne lui pardonneront d’ailleurs sans doute jamais, et même pas après sa mort, ses lettres ouvertes adressées en 2002 et en 2008 aux “partisans” et aux “soldats” des “organisations armées palestiniennes”.
Non pas à cause de leur contenu
• mais parce que, selon eux, Marek Edelman établissait un parallèle indécent entre l’insurrection du ghetto de Varsovie et le combat des Palestiniens
• aussi parce que, selon eux, Marek Edelman légalisait les actions jusqu’alors considérées comme purement terroristes des palestiniens en utilisant les mots « soldats » et « organisations armées palestiniennes »

Moi qui ne suis pas juive, qui aime Israël pour son histoire et les israéliens (modérés) pour leur volonté d’exister, je veux dire mon admiration pour le Marek Edelman qui a n’a retenu de l’enfer du ghetto qu’une exceptionnelle humanité bienveillante.

Les (inco) errances de l’administration française

25 septembre 2009

Ouille, ouille, ouille !
assommee
Je viens (encore une fois) de me heurter à l’une de ces absurdités que l’administration française semble privilégier au détriment de tout discernement.
En tant que narratrice, et pour respecter l’incognito du héros de cette aventure, permettez-moi d’user d’un nom, de dates, et de lieux fictifs. Le reste étant bien réel………………………….. Hélas !

Donc, voici la saga administrative de Monsieur SaintBrian, responsable d’une entreprise individuelle.

En janvier 1994, Monsieur SaintBrian, domicilié dans le Val de Marne, décide de créer une entreprise individuelle avec l’intention de vendre des matériels ainsi que des prestations informatiques et de dispenser des formations Linux.
Dès janvier 1994, Monsieur SaintBrian, enregistre son entreprise auprès du Greffe de Tribunal de Commerce de Créteil avec l’adresse de son domicile pour Siège Social et, suite à cette démarche, il est inscrit au Registre de commerce avec un n° SIREN et un code NAF (ou APE).
kbis
Dès janvier 1994, Monsieur SaintBrian sollicite également un numéro d’enregistrement lui accordant la qualité de formateur auprès du Service Régional de Contrôle de la DDTEFP (Direction Régionale du travail, de l’emploi et le la formation professionnelle) d’Ile-de-France et ce numéro d’enregistrement lui est accordé sans autre condition qu’un imprimé à remplir, dater et signer.
Et depuis janvier 1994, Monsieur SaintBrian exerce son activité en observant toutes les règles auxquelles elle l’astreint.
Il fait établir un bilan par un expert comptable chaque année civile.
Chaque année, il communique le résultat de son bilan pédagogique et financier au Service Régional de Contrôle de la formation professionnelle.
Il paye ses impôts (personnels ainsi que TVA et Taxe Professionnelle) sans jamais le moindre retard.
Il s’acquitte de ses cotisations sociales à l’URSSAF, à Organic et à la RAM puis, à partir du 1er janvier 2008 au RSI qui regroupe ces trois organismes, aux dates d’échéance indiquées.
Monsieur SaintBrian sacrifie à toutes les règles fiscales et sociales sans jamais commettre le moindre faux pas et, grâce à cette rigueur observée pendant 15 ans, Monsieur SaintBrian obtient des ouvertures de compte lui accordant des facilités de paiement de la part de ses fournisseurs. Grâce à cette constance entretenue pendant 15 ans, Monsieur SaintBrian constitue un fichier de référencement de clientèle, un outil de valeur qu’il utilise pour prospecter, séduire, rassurer des clients potentiels.
demenagement Or, les circonstances veulent que Monsieur SaintBrian soit amené à déménager à Nantes le 1er avril 2009.
Rien de plus simple allez vous dire. Il lui suffit de transférer son siège social du Val de Marne en Loire Atlantique.
Colossale erreur.
Comme vous allez le constater, rien n’est jamais simple avec l’administration française.
En France, on peut transférer des fonds d’un lieu à un autre lieu, transférer des pouvoirs d’une personne à une autre personne, transférer des sportifs d’un club à un autre club ; on ne transfère pas les sociétés d’une adresse à une autre adresse.
Une société qui déménage son siège social d’un département dans un autre département est tenue de demander sa radiation du lieu qu’elle quitte pour demander sa création à l’adresse où elle va s’implanter.
Qu’il s’agisse d’une SARL ou d’une entreprise individuelle, la démarche est la même et on est en droit de supposer que le travail qu’elle procure aux greffes concernés est identique. Et si le travail est identique, qu’il s’agisse d’une SARL ou d’une entreprise individuelle, on est en droit de se demander pour quelle raison la prestation coûte presque deux fois plus à une SARL qu’à une entreprise individuelle.
Mais ceci est une considération purement anecdotique.
Degage Ce qui importe, c’est que du fait de son déménagement, Monsieur SaintBrian a également obligation de demander sa radiation du Service Régional de Contrôle de la DDTEFP d’Ile-de-France pour demander un numéro d’enregistrement sans lequel il ne peut exercer son activité de formateur au Service Régional de Contrôle de la DDTEFP des Pays de la Loire.
Et là, première surprise ! Nonobstant ces quinze précédentes années d’exercice professionnel, il lui est demandé de remplir un dossier d’inscription et de fournir, à titre de justificatif, une convention acceptée par un client pour une formation à dispenser.
Heureusement pour lui, Monsieur SaintBrian dispose d’une telle convention car, dites-moi, comment ferait-il pour faire signer une convention à un client sans avoir le numéro d’enregistrement qui doit figurer obligatoirement sur ce document ?
Deuxième surprise ! En prenant connaissance de son nouveau Kbis (avec un nouveau n° SIRET, un nouveau code NAF), Monsieur SaintBrian s’aperçoit que la date indiquée pour le début de son activité n’est pas celle de la date réelle de création de son entreprise (en janvier 1994) mais celle qui correspond à la date de son transfert (le 1er avril 2009) !!!!!
« C’est comme ça. » Lui répond le Greffe quand il s’indigne du préjudice causé par l’éradication brutale et sans recours de 15 ans d’expérience professionnelle.
Depuis, Monsieur SaintBrian est harcelé par des démarcheurs qui veulent offrir leurs services à une « nouvelle société ».
Depuis, Monsieur SaintBrian s’évertue à rassurer les clients potentiels qui se méfient d’une société qui prétend à une expérience qu’elle n’a peut-être pas. Certes, le mot transfert apparaît bien sur le Kbis mais sans plus de précision quant à la date réelle de création de l’entreprise.
Troisième surprise ! La réception d’un fax qui ne sera pas le premier du genre et par lequel un fournisseur lui annonce avoir invalidé son fichier après avoir eu connaissance de sa radiation.exit
La cause de ce quiproquo ? Un site spécialisé qui offre la possibilité d’obtenir tous renseignements utiles concernant une entreprise à partir de la saisie de son nom ou de son n° SIREN.
L’absurdité prend toute son ampleur quand Monsieur SaintBrian découvre qu’il n’est même pas possible de tenir rigueur aux administrateurs de ce site de fournir un renseignement erroné puisque, eux-mêmes, sont induits en erreur par l’INPI !!!!
Justice soit rendue aux services des Impôts des Entreprises de chaque département qui, eux, ont parfaitement géré ce transfert.

En cette année 2009, notre beau pays de France fait partie (me suis-je laissé dire) de l’UE qui (si je ne me trompe) regroupe 27 pays indépendants lesquels ont pour but (je crois) d’harmoniser leurs lois commerciales, sociales, et pénales après avoir judicieusement instauré une monnaie commune.
Voilà un projet frappé au coin du bon sens, un objectif très intelligent, un but fort noble, auquel je souscris sans réserve.
Mais, sacré nom d’une pipe, pourquoi ne pas commencer à « tenter » de le réaliser DÉJÀ sur le seul territoire français ?

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Les illustrations proviennent des sites suivants :

Déménagement : http://mumuland.centerblog.net/
(Exit) tête de mort : http://users.skynet.be/

« Au secours, Monsieur Johann Strauss !

17 septembre 2009

- La chauve-souris est en péril ! »

Cette chronique est tout spécialement dédiée à mes amies
Chantal - Jehanne d’Arc de l’écologie
et
Hélène - Sainte Rita des animaux

barrre oiseaux vetus

chauve En Savoie, on veut déloger les chauves-souris. »
Pourquoi ?
Pour implanter un énième centre commercial.

Parmi toutes les tragédies qui nous sont relatées quotidiennement, le sort de chauves-souris peut paraître anodin. Je ne discerne donc pas la raison pour laquelle mon cerveau facétieux s’est mis à extrapoler à partir de cette information, je ne m’explique pas la raison de tout un envol d’idées inspirées par ce dol prémédité contre les chauves-souris savoyardes.

« C’est pour créer des emplois. » Brament les patrons des grandes surfaces, omettant d’évoquer (en toute innocence, soyez en certains) les bénéfices qu’ils attendent de nouveaux locaux voués au culte du négoce.
C’est incroyable comme la création d’emploi est une argutie dont n’hésitent pas à abuser tous les « maquignons » pour obtenir l’implantation de leur commerce ou de leur industrie. Comme il est tout aussi délirant de constater régulièrement la facilité avec laquelle ils licencient leurs employés dès que leurs profits sont menacés.
Ne serait il pas plus véridique de proclamer : « C’est pour créer des exploités » ?
chauve.s. commercial Mais je digresse et il est temps de revenir au sujet de cette chronique : Qui l’emportera du chiroptère gêneur ou du commerçant charmeur ?
Hélas ! Que les souris volantes savoyardes soient d’une espèce rare ne les sauvera pas et je m’en vais vous le démontrer.

Quelle est la religion qui régit notre 21ième siècle ? Le commerce.
Le commerce n’est pas déifié ; le commerce est Dieu.
La présence des chauves-souris savoyardes contrarie le commerce : les ardents zélateurs du business susurrent :
« C’est pourtant pas compliqué ; y’a qu’à déplacer les chauves-souris. ».
« déplacer »
Voilà le Verbe lâché qui va déterminer le sort des chauves-souris car le verbe est sacré (prologue de l’Evangile selon St Jean : « Au commencement était le Verbe … Le Verbe était avec Dieu.. Le Verbe était Dieu… »).
Vous trouvez mon argumentation spécieuse ?
C’est vrai. Je vous l’accorde.
bandit Mais est elle plus spécieuse que la politique du gouvernement qui prend prétexte de l’écologie pour nous « impôtser » une taxe carbone qui n’est pas une taxe mais une contribution et qu’on se fiche que ce soit une taxe ou une contribution puisque le but est le même : nous piquer nos sous.

    (Est-ce que je me trompe où Monsieur Luc Berthoud, maire de La Motte-Servolex lieu de résidence des chauves-souris, et Monsieur Rémi Thuau, préfet de Savoie et grand chasseur de loups, ne sont ils pas d’obédience UMPiste, le premier parti écologiste français ?)

Et si l’honnêteté m’oblige à reconnaître que mon argumentation est quelque peu jésuitique, nul ne pourra contredire que les détenteurs de pouvoir, de quelque niveau qu’il soit, n’hésitent jamais à conjuguer le verbe et l’action pour déplacer ceux qui les gênent.
La preuve, par exemple, avec parfois des populations entières déplacées pour de fallacieuses raisons politiques.
Et si, en bons citoyens français le sort des chauves-souris savoyardes et des ethnies étrangères vous indiffèrent, vous avez tort de vous croire à l’abri.
chauve-s. Nous sommes tous des chauves-souris.
Demandez donc à ceux qui ont été expropriés à cause de la construction d’une autoroute, du tracé prévu pour le passage d’un TGV.
Demandez donc à ceux dont l’entreprise ne s’est pas satisfaite de délocaliser ses outils de production mais a déplacé, contraints et forcés, les salariés qui voulaient conserver leur emploi.
Demandez donc aux familles de ces employés qui se sont suicidés parce que déplacés par leur entreprise, d’un poste à un autre, comme de vulgaire pions, sous prétexte de management.
chef orch. chauve-souris
« Heureux celui qui oublie ce qu’on ne peut plus changer… »
La misère est elle une fatalité ou existe t-elle parce que nous sommes une grande majorité de chauves-souris heureuses ?
Moi-même, jusqu’à quel point serais-je prête à renoncer à un oubli qui me rend égoïstement heureuse ?
Je ne me fais guère d’illusion sur mon compte : ce ne serait pas au point de me lancer dans un combat pour défendre la cause humaine.
Et vous ?

Découvrez La Chauve-Souris" de Johann Strauss virevolte au Grand théâtre sur Culturebox !

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Les illustrations ont été empruntées :
barre de séparation : http://magiejacynthe.centerblog.net/
chauve-souris : http://www.toostick.com/
commercial : http://www.gifsmaniac.com/
chef d’orchestre : http://boitagifs.free.fr/
bandit : http://www.clipart-gif.com/

5/5 - Histoire vécue d’une accession à la propriété.

31 août 2009

Voilà, raconté en un
Préambule intitulé : L’accession à un bien foncier n’est pas foncièrement inné.
et diligence 4 étapes sportives titrées
1ère étape : L’Achat de la maison ; le choix m’échoit
2ième étape : Immobilier bilieux
3ième étape : Ça déménage
4ième étape : Propriétaires ; va t-on s’y faire ?

de quelle manière,
à trente ans bis
et quelques escarbilles d’années lumière,
on devient co-propriétaire minoritaire avec son fils
quadragénaire,
après avoir été propriétaire à part entière.

4ième étape : Propriétaires ; va t-on s’y faire ?
juin

Nous sommes arrivés le 22 juin en fin d’après-midi dans cette maison sarthoise d’Ar..ge que nous avons achetée conjointement, Cher Fils et moi.
Aussitôt, nous avons entrepris de vider les cartons qui nous ont pris tant de temps à remplir.
Le partage des lieux s’est imposé d’office à lui comme à moi.
Il habite un studio au Mans et n’a besoin que du rez-de-chaussée entièrement dallé qui se subdivise en un garage, un très grand sous-sol destiné à son activité commerciale, une pièce d’habitation et une entrée commune de belle importance.
Ma chienne Roxane et moi aurons la jouissance de l’étage où je me réserve une des trois chambres à usage de bureau.
Moi, d’origine campagnarde, moi qui courais pieds nus du temps de ma jeunesse, vais-je me réhabituer à la vie rurale après avoir connu l’existence trépidante de la région parisienne pendant presque un demi-siècle Point balance

Premières impressions au jour le jour tout en continuant à vider les cartons (avec la participation active de Cher Fils ce

Mardi chiffre 2.1chiffre 3 juin).

La douceur de l’air qui me caresse comme un voile velouté associée au soleil qui continue à régner brillamment dans un ciel céruléen, voilà un cocktail qui me met de bonne humeur dès le réveil en dépit de mes mollets qui se rebellent dès que je les sollicite.
C’est que j’en ai effectué des descentes et des montées d’escalier entre le rez-de-chaussée et l’étage, hier. Et ce n’est pas fini alors autant les mettre au pas tout de suite.
Mettre des mollets au pas… J’espère que vous appréciez.
Ça ne vous arrache même pas un sourire ? M’en fiche ; je suis certaine que les culs-de-jatte qui me liront goûteront la plaisanterie.
Cher Fils arrive un peu avant midi et bien qu’il ne me les demande pas (ce qu’il pourrait bien s’abstenir de faire), je lui expose mes priorités : en un, procéder à l’installation d’Harry et dans la suite logique, la table destinée au repassage tout à côté.
lave-linge Ah oui, avant que vous ne vous posiez des questions sur votre/ma santé mentale à propos de Harry, il vous faut savoir que je suis une de ces douces dingues persuadée que les objets ont une âme. Conséquence de ce que certains jugeront comme un gentil délire, j’octroie un nom à presque toutes les machines qui acceptent de me servir et Harry est mon lave-linge.
Et si son installation est une priorité ce n’est pas tant que je sois folle dingue des tâches ménagères mais faudra bien s’y consacrer à un moment donné et autant mettre immédiatement à l’épreuve les talents de plombier de fiston.
La deuxième des priorités que je confie/impose à Cher Fils : ressusciter mon MacMachin chéri quand bien même le pôvre est orphelin d’Internet pour une Internité (c’est idiot, je vous l’accorde, mais, moi, ça m’amuse) qui va durer au moins… 15 jours ?
Enfin, ultime priorité…
Quoi ! Vous trouvez qu’il y a beaucoup de priorités ? Moi je me trouve très raisonnable. Mon Hercule de Cher Fils ne proteste pas, lui. Alors, de quoi vous vous mêlez ?
Donc, ultime priorité, disais-je avant que vous ne m’interrompiez, qu’il branche Sainte-Claire. (Pour votre gouverne, c’est la sainte patronne de la télévision, bande d’ignares). Voilà la dernière de mes exigences. Avouez que mes requêtes sont modérées.
Cher Fils en convient d’ailleurs qui se sent capable de satisfaire mes désirs sans pour autant être pénalisé pour réaliser ses propres rangements et aménagements et s’il est quelque peu étonné que je privilégie Harry à mon Mac adoré dans la liste de mes priorités (sans être une souillon, j’avoue préférer de loin les activités cérébrales aux tâches ménagères), connaissant les humeurs féminines et leurs susceptibilités imprévisibles, il se garde bien de le montrer.
Il se garde d’autant plus de tout commentaire que jamais de sa vie, jusqu’alors, il n’a branché une prise d’alimentation d’eau sur un lave-linge et c’est effarant de constater à quel point une manutention, apparemment simple, prend des allures affreusement menaçantes quand on ne l’a jamais pratiquée.
Mais Cher Fils n’a jamais renâclé devant un défi et m’assure qu’il se collettera avec Sire Harry mais seulement après le repas du midi. Non pas que la peur de l’échec l’incite à remettre à plus tard le moment de la confrontation avec la machine. Il doit seulement s’activer également à des rangements qu’il souhaite ne pas différer et son activité professionnelle va le renvoyer dans la région parisienne dès demain pour un retour qui n’est pas prévu avant samedi prochain.
« Tu veux l’essayer maintenant ? » Me demande t-il un peu plus tard dans l’après-midi après avoir, l’espère t-il, déjoué les pièges des tuyauteries qui donnent à Harry des allures de dialysé au teint anémié.
Je décèle un soupçon d’inquiétude dans sa voix ; soupçon qui se confirme quand je lui dis qu’il n’y a pas de meilleur moment, à mon avis, pour procéder à un essai et qu’il fait demi tour en direction de la porte tout en appelant :
« Viens avec moi, Roxane.
- Si tout doit sauter, autant éviter le cumul de victimes. »

C’est qu’il est sérieux le bougre !
Autant pour l’amour filial !
Je ne le répèterai jamais assez ; je suis une incorrigible optimiste et, après avoir déposé quelques vêtements dans le tambour sans ressentir le moindre petit battement de cœur manifestant une quelconque appréhension, j’appuie sur le bouton qui lance le programme de lavage.
J’ai eu raison d’accorder plus de confiance à Cher Fils qu’il ne s’en est octroyé lui même. Il est meilleur plombier qu’il ne le supposait.
Trouver le meilleur emplacement pour la table qui fera office de table de repassage est un jeu d’enfant.
ecran ordi C’est aux environs de vingt-deux heures, quand la faim, ne reculant devant aucun moyen coërcitif, nous tord l’estomac pour nous contraindre à interrompre nos occupations, que Cher Fils m’offre un MacMachin rendu à la vie en guise d’apéritif.
Oh, certes, c’est un MacMachin quelque peu handicapé physiquement puisqu’il lui manque des fonctions essentielles :

    • l’imprimante qui a épuisé toutes ses cartouches et aura besoin d’un meuble pour s’installer commodément
    • mon logiciel comptable
    • Internet et sa toile magique
    • le courrier électronique qui me relie à tous ceux que j’aime - et aussi à ceux avec lesquels je « n’intimise pas » comme par exemple les clients et fournisseurs de Cher Fils.

Mais un MacMachin privé de ses fonctions vitales vaut mieux que pas de Mac du tout. C’est un peu comme un ami convalescent pour lequel je me sens prête à déployer des trésors de patience jusqu’à ce qu’il retrouve tout son dynamisme.
Une fois le repas terminé, Cher Fils prend le cas de Miss télé Sainte-Claire en considération tandis que je m’affaire à laver la vaisselle.
Je m’apprête à essuyer une dernière cuillère lorsqu’il me hèle :
« Bon, la télévision est branchée mais, si tu veux bien, tu te chargeras de la syntoniser et je m’occuperai du magnétoscope pendant le week-end prochain parce qu’il se fait tard et j’ai encore des cours à préparer pour la formation qui commence demain. »
J’en tombe bien d’accord avec lui ; d’autant que minuit pointe le bout de son nez et qu’il doit prendre la route très tôt demain matin.
En refermant le portillon, après qu’il a regagné la rue avec sa voiture, je constate que les trottoirs sont ornés de sacs poubelles uniformément transparents devant les maisons voisines.
Voilà qui tombe à propos car je vais pouvoir débarrasser le sous-sol de quatre gros sacs poubelles en polyéthylène noir de chacun 50 litres dans lesquels nous avons entassé des renforts en polystyrène utilisés pour caler des matériels dans les cartons, bandes de scotch d’emballage, bouteilles plastiques et canettes, résidus de produits alimentaires,…
Cette dernière besogne accomplie, je rentre dans la maison en compagnie de Roxane qui va s’affaler sur sa couverture comme si elle était épuisée pour avoir accompli un travail de Titan.
Comédienne, va !

Mercredi chiffre 2.2.2chiffre 4 juin

Mi décembre, alors que je m’apprêtais à me rendre à Ar..ge pour y visiter la maison élue par Cher Fils, j’avais encore une fois attiré l’attention de « l’agente » immobilière sur l’importance que j’accordais au bien-être de Roxane, ma chienne, laquelle avait besoin, pour se sentir pleinement heureuse, de ses promenades quotidiennes et sans entraves.
Fine mouche, « l’agente » immobilière (rebaptisée Eulalie par mes soins et pour la commodité du récit et - accessoirement - pour préserver son incognito) avait bien compris que, plus que la proximité de commerces et de centres médicaux, les agréments garantis à Roxane détermineraient le succès de sa vente.
Elle avait donc insisté pour me véhiculer jusqu’à un parc ce qui lui permettait de me signaler la proximité d’un cabinet vétérinaire. Et non seulement elle m’avait véhiculée jusqu’au parc mais, n’hésitant pas à sacrifier son brushing et ses escarpins à la pluie qui s’obstinait à nous cracher sa mauvaise humeur hivernale, elle m’avait entraînée dans ses allées pour me montrer le chemin longeant la Sarthe qui serait telllllllllllllllement agréable à parcourir dès l’arrivée des beaux jours.
Seulement, voilà, le trajet qui menait au parc, je l’avais effectué il y avait 6 mois de cela, et je l’avais effectué en voiture. Alors, maintenant, pédibus et même avec un plan de la ville, je n’avais aucune idée du chemin à parcourir pour retrouver ce fichu parc qui devait être tellllllllllllement attrayant sous le soleil de juin qui nous dispensait une agréable tiédeur depuis le début de la semaine.
Or, il me fallait IMPERATIVEMENT trouver un parc, à défaut un square, en dernier recours un pré pour y promener Roxane.
Impérativement parce que ma chienne juge inconvenant de se laisser aller à déféquer ou même faire un simple pipi dans un caniveau et donc encore plus sur le bitume des trottoirs. Seule la verdure lui semble digne d’accueillir ses déjections.
chien-crotte Impérativement parce que ma chienne s’obstine à ne pas comprendre qu’elle a le droit d’uriner et de crotter sur les 375 m2 d’herbe (actuellement anémiée) qui cernent la maison.

    - D’ailleurs, hors ces contingences hygiéniques, force m’est de constater que ma chienne est indubitablement une chienne d’appartement. À mon grand désespoir, ma chienne préfère n’importe quelle pièce de la maison à cet espace herbeux qui a déterminé le choix de la demeure que nous habitons. Un choix dicté par le désir de faire son bonheur. Pire encore, elle manifeste une terreur indicible lorsque je l’exhorte à profiter du jardinet que ce soit pour y folâtrer, y lézarder, ou y faire ses besoins.

Hier matin, stimulée par l’urgence, alors que je petit-déjeunais, je me suis rappelée les champs proches évoqués par la propriétaire de la maison devenue, depuis, l’ex-propriétaire de la maison.
Il fallait, pour s’y rendre, avait elle dit, emprunter quelques rues qui conduisaient à une voie ferrée. Le franchissement de cette voie ferrée était aisé et, une fois qu’elle était traversée, on accédait à des champs après avoir parcouru une petite dizaine de mètres à peine d’un étroit chemin de terre.
Sur le moment, l’idée de franchir une voie ferrée ne m’avait pas séduite et je m’étais empressée d’oublier la suggestion. Hier matin, vu la disette de verdure dont je souffrais, je m’étais sentie plus encline à étudier la suggestion de l’ex propriétaire de la maison.
Il s’était avéré que ces champs ne représentaient peut-être pas un lieu de promenade idéal (si Roxane s’y ébattait avec plaisir dans l’herbe drue qui m’arrivait à mi-mollets, je trébuchais lamentablement entre les mottes de terre qui composaient leur surface) mais au moins étaient ils clos par des buissons touffus.
Comme dit le dicton : faute de gazon on se contente de graminée.
Quoi, vous n’avez jamais entendu parler de ce dicton ?
Ben, c’est normal, je l’ai inventé pour la circonstance. Et si vous tenez absolument à vous en voir servi un labellisé par la sagesse populaire, j’offre celui-ci à votre réflexion : on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.
L’instant du p’tit déj. me paraissant le meilleur moment pour prendre de grandes décisions, ce matin je décide que j’ai trop à faire pour partir à la recherche d’un parc. Roxane devra se contenter de batifoler dans les graminées aujourd’hui encore.
Le temps est toujours aussi splendide lorsque je referme le portillon derrière nous aux environs de sept heures (moi qui m’étais promis des grasses matinées, je ne parviens pas à dormir plus tard que six heures alors que jamais je ne me suis jamais couchée aussi tard le soir et hier encore à près de minuit).
Dès que je suis sur le trottoir, quatre anomalies aux mines funèbres me sautent aux yeux : les quatre sacs poubelles en polyéthylène noir que j’y ai déposés la veille au soir.
Un tour d’horizon visuel me confirme que les sacs poubelles transparents qui agrémentaient les portions de trottoir des maisons voisines se sont, eux, volatilisés.
Pourquoi mes sacs poubelles n’ont ils pas disparu, eux aussi ? Pourquoi n’ont ils pas eu les honneurs du camion benne de messieurs les éboueurs ? Mes sacs poubelles seraient ils victimes de racisme ?
Pas de gardien de résidence, ici, pour me renseigner à ce sujet. Quant à interroger le voisinage, autant renoncer à cette idée. Les voisins sont tellement discrets que leurs habitations paraissent inhabitées. Si je veux la réponse à ce mystère, le mieux est encore d’envisager une visite à la Mairie où l’on m’informera, je n’en doute pas, des us et coutumes de la ville d’Ar..ge.
Sitôt dit…
Sitôt ce sera fait… Après la promenade de Roxane.
Fin de matinée, Roxane et moi « badons » donc, qui le nez, qui la truffe, à la brise aussi douce qu’un ruban de soie, jusqu’à la Mairie.
J’abandonne Roxane au niveau de la marche la plus élevée, près de la porte d’accès et, se faisant, en profite pour accorder un satisfecit à Ar..ge.
En effet, jusqu’à présent j’ai toujours pu me faire accompagner de Roxane quel qu’était l’endroit où je me rendais (magasin, Poste, Mairie,…) car j’ai toujours pu attacher la dragonne de sa laisse à proximité.
La dame de l’accueil ne s’empresse pas de m’accueillir, toute occupée qu’elle est à blablater, pépier, glousser, roucouler dans le combiné de son téléphone pour le seul bénéfice d’un interlocuteur manifestement plus… Attrayant ? Séduisant ? Captivant ? Que moi.
Et encore ignore t-elle que je viens troubler sa passionnante causerie pour une sordide histoire de poubelles sinon je crois qu’elle ne se résignerait jamais à mettre fin à son entretien.
Afin de l’amadouer, je commence par, hypocritement, demander mon inscription en tant que future électrice ce qui garantit ma respectabilité citoyenne.
Puis j’en viens à ce qui me préoccupe.
poubelle Je lui parle déchets et poubelles ; elle me répond tri sélectif, se lève pour se diriger vers un présentoir qui offre des dépliants à ceux qui veulent bien s’y intéresser, en prend trois ou quatre ici et là et s’en vient me les plaquer dans les mains avec un péremptoire :
« Tout est expliqué la dedans.
- Je vous ai joint également un plan d’Ar..ge et les derniers journaux mensuels de la ville qui vous permettront de faire connaissance avec les activités que nous proposons »

Et pour bien montrer qu’elle ne m’en dira pas plus, elle a un mouvement du menton en direction de la petite file de trois personnes arrivées après moi et qui, faute de sièges, patientent stoïquement en attendant, debout, leur tour.
Sauriez-vous me dire pourquoi, à l’issue de cet entretien, je me sens une âme de colis expédié en Chronopost ?
Pour me consoler de si peu de prévenance, dès mon retour à la maison, je gave le tambour d’Harry, tourne les boutons de réglage, appuie sur le bouton de démarrage, et ne le quitte que lorsque je l’entends ronronner ce qu’il ne manque pas de faire dans la seconde qui suit.
Étendre le linge sur un fil tendu à l’extérieur sur le côté de la maison, le ramasser sec après seulement deux heures d’exposition au soleil et à la brise me ravit, moi qui devais attendre au moins 24 heures même par temps caniculaire pour obtenir le même résultat lorsque je l’étendais dans la salle de bain de mon appartement.
Pendant que la machine s’active je consulte le dépliant qui explique comment on s’adonne aux joies du tri sélectif et à quelles dates on est sensé livrer ses œuvres aux martiens chargés de les ramasser.
Encore est il à supposer que la couleur de leur uniforme n’a pas été choisie pour une ode à Spielberg mais plutôt pour prôner leur appartenance (servitude ?) au mouvement écologique.
Les sacs poubelles transparents à utiliser obligatoirement pour y serrer les bouteilles et flacons plastiques… Avec leur bouchon est il précisé (y’a intérêt à faire gaffe à ne pas perdre les bouchons), briques alimentaires, etc., sont livrés par la société chargé du ramassage des déchets « propres ».
Je les suppose transparents pour éviter que de petits malins mal intentionnés ou tout simplement fainéants n’y glissent des objets illicites.
L’interlocutrice que j’obtiens au numéro de téléphone indiqué sur le dépliant me déclare :
« Vous serez livrée de sacs sous 10 jours »
10 jours !?! Et qu’est ce que je fais de mes déchets que je ne peux pas trier pendant tout ce temps ?
Et qu’est ce que je suis sensée faire des déchets « sales » que la société de ramassage se refuse à ramasser : coquilles d’œufs, carcasse de poulet, pots vides de yaourts, mouchoirs utilisés, Sopalin, … ? Pour résumer, tous les déchets inhérents aux besoins de consommation banals d’une consommatrice banale.
Et qu’est ce que je suis sensée faire des 4 sacs poubelles en polyéthylène noir de chacun 50 litres dans lesquels s’entassent des déchets pas du tout écologiques, véritables tentations pour souris, qui reposent sur le sol du sous-sol.
« Il faut les emmener à la déchetterie ; l’adresse figure sur le dépliant où vous avez trouvé notre numéro de téléphone. » Barrit la dame dans mon tympan lequel, sous le choc, vibre un tempo indigné qui a pour effet de me coincer la glotte et me couper le sifflet.
Si bien que c’est à un combiné sourd que je murmure : « Et comment ils font pour se rendre à la déchetterie avec leurs sacs poubelles ceux qui, comme moi, n’ont pas de voiture ? »
En l’occurrence, je peux toujours demander à Cher Fils d’emmener les 4 corps du délit à la déchetterie dès son retour, samedi prochain. Il n’en demeure pas moins que je continuerai à produire des ordures ménagères non recyclables comme toute consommatrice lambda et que je ne peux pas/ne veux pas dépendre de la gentillesse/bonne volonté de Cher Fils pour m’en débarrasser.
Pour achever de me contrarier, Sainte-Claire refuse obstinément de se laisser syntoniser et m’offre le spectacle consternant d’un écran neigeux.
Bien sûr, Sainte-Claire n’est pas indispensable et, le soir, une fois sustentée, la vaisselle lavée et rangée, j’ai toujours la ressource de me laisser bercer par les voix qui sortent de mon transistor tout en reprenant la lecture d’un roman commencé dans une autre vie.
Je m’accorde même le plaisir d’une promenade crépusculaire à travers les rues d’Ar..ge en compagnie de Roxane et m’aperçois qu’après une bonne demi heure d’errance, nous n’avons pas rencontré âme qui vive ; nous avons déambulé dans le silence le plus total !
Je consulte ma montre puis, de retour à la maison, un réveil et également l’horloge qui s’affiche sur l’écran de MacMachin sans parvenir à croire à cette réalité : il n’est jamais que vingt-et-une heures et, Roxane et moi exceptées, aucun être humain ne rodait dans Ar..ge !!!!
À M.les-C., que je sorte à 6, 12, 19, 23 et même à 2 heures, j’étais assurée de toujours rencontrer, croiser, apercevoir, d’autres personnes, de toujours entendre un son qu’il soit musical, plaisant, ou désagréable.
J’ai l’impression d’avoir atterri sur une autre planète.

Jeudi chiffre 2.3chiffre 5juin

Ar..ge a décidé de me réserver un visage accueillant qui m’offre de nouveau une journée ensoleillée dès que j’ouvre les yeux.
Je me garde bien en effet de fermer totalement les volets qui protègent la fenêtre de ma chambre afin de laisser passer l’air du dehors pendant la nuit.
Rien de tel qu’une journée radieuse dès le réveil pour vous mettre de bonne humeur.
Je suis résolue à ne pas rester obnubilée par les quatre sacs poubelles que je stocke contre mon gré, à ne pas me laisser obséder par les ordures ménagères que je continue à accumuler au fil des jours qui passent, à oublier Sainte-Claire dont l’écran s’obstine à me présenter la vision d’un blizzard tout à fait hors de saison.
Je suis bien décidée à jouir de cette journée estivale sans permettre au moindre souci de me tourmenter.
Dans l’heure qui suit, Roxane, qui profite de cette excursion pour m’infliger un épouvantable moment d’effroi comme elle seule sait m’en réserver de temps à autres, bouleverse mes bonnes résolutions.
Rappelez-vous, j’avais loué la présence des buissons touffus sensés clore efficacement les champs où je l’emmène s’ébattre le matin.
Je perds encore une illusion lorsque Roxane s’engouffre entre des arbrisseaux rébarbatifs aussi bardés d’épines qu’un enchevêtrement de fils barbelés.
Une seconde après, j’entends un « plouf » puis un bruit de barbotements effrénés et mon cœur s’affole à l’unisson tandis que d’une voix éraillée par l’épouvante, je braille : « Roxane, ici ! Ta place, Roxane ! »
Tu parles d’un moyen de sauvetage efficace si elle est en train de se noyer dans une mare fangeuse !
Lorsqu’elle finit par réapparaître, après une attente qui n’a jamais duré que le temps d’une éternité, je la prends dans mes bras, je la serre contre moi si trempée, boueuse, répugnante, nauséabonde qu’elle soit, tant je me sens soulagée de la savoir hors de danger.
Les expéditions dans les champs derrière la voie ferrée, c’est terminé ; je me le promets.
Une promesse que je suis certaine de tenir car si bref soit le trajet entre la maison et les champs, il n’en est pas moins rebutant avec tous ces chiens qui nous apostrophent pendant notre passage. Chaque maison ou presque a son chien. Chaque chien se montre agressif et je suis persuadée que leurs aboiements se veulent aussi vindicatifs qu’insultants.
D’ailleurs Roxane ne s’y trompe pas qui rétorque avec, me semble t-il, autant d’énergie que de jubilation.
chien aboie Ras-le-bol des aboiements de tous les chiens qui nous injurient hargneusement lorsque nous passons devant la clôture (que j’espère assez haute et assez solide pour retenir leur agressivité) de leur maison ; quitte à traquer un voisin dans sa demeure et à lui infliger les pires sévices pour le forcer à parler, je suis décidée à savoir où se trouve le parc entrevu l’hiver dernier.
De retour de cette promenade mouvementée, alors que je m’apprête à ouvrir le portillon qui donne accès à mon jardinet, je suis saluée par une voisine d’un âge identique au mien me semble t-il.

    (Je m’apercevrai vite que les gens qui peuplent ma rue sont en grande majorité des personnes de ma génération. Autrement dit des camarades de classe de Néfertiti comme ironise Cher Fils)

De manière très avenante, elle se présente -Madame Tricot-, me souhaite la bienvenue et s’empresse de m’expliquer que je viens de déposer mes bagages dans un quartier où les gens entretiennent des relations de bon voisinage mais ne se fréquentent pas. Il va de soi que je peux sonner à sa porte si j’ai besoin de quoi que ce soit mais le copinage n’est pas une denrée que l’on trouve dans le secteur.
On serait, à moins, interloqué tant par le discours (qui m’évoque certaine chanson de Bénabar) que par son ton péremptoire.
main tendue Je leur ai quémandé quelque chose aux habitants du quartier ?
J’ai une tête de quêteuse peut-être ?
Moi qui défend farouchement mon indépendance, je suis presque vexée de m’entendre ainsi dicter ma conduite par des gens que je n’ai pas sollicités.
Dissimulant ma contrariété, je tranquillise cette charmante dame et l’assure que cette règle de vie me convient parfaitement mais, avant que de sonner à sa porte, peut-être peut elle me dire, de suite, quel trajet emprunter pour trouver un parc qu’il m’a été donné de visiter en décembre dernier et qui est proche d’une rivière ?
La dame n’en a aucune idée et j’en déduis qu’elle n’est amateur ni de jogging, ni de marche.
Le soir, je tente donc un autre itinéraire pour trouver un lieu de promenade et me rends à l’évidence que je ne suis pas douée pour les découvertes.
Avec moi comme capitaine d’une armada de goélettes (j’aurais pu écrire vaisseaux mais goélettes m’a semblé plus poétique, plus iodé smiley clein d\\\'oeil), les indiens d’Amérique chasseraient encore le bison et ignoreraient toujours les méfaits de l’eau de feu. Pour résumer, ils vivraient encore heureux dans l’ignorance du pire prédateur qui existe au monde : l’homme, blanc de peau et d’âme noire.
Certes, je trouve bien des champs assez éloignés de la route nationale où sévissent les camions que ma chienne considèrent comme des engins menaçants et donc terrifiants. Je trouve bien des champs libres d’accès et suffisamment clos pour déjouer toute possibilité d’évasion, des champs dont l’herbe haute a certes l’aspect de paille mais pas au point de rebuter Roxane, des champs assez vastes pour lui permettre de batifoler tout à loisir. Le seul défaut de ces champs, mais un défaut qui s’avère être un inconvénient majeur, c’est que l’herbe haute est armée d’épis barbus qui, je m’en aperçois bien vite, s’insinuent dans mes chaussettes et se transforment en autant de minuscules mais très irritants porcs-épics végétaux bien plus agressifs que des cactus.
Et voilà encore un endroit que nous éviterons de fréquenter.
Je pense que tout le monde se fiche de savoir que le soir va nous apporter un orage qui, comme chaque orage, quel que soit son intensité, va, bien évidemment, provoquer la peur hystérique de Roxane. Affolement qui a le don de me bouleverser, de me culpabiliser et que je suis obligée de subir avec fatalisme puisque je n’ai pas de solution pour la rassurer et la calmer.
vendredi chiffre 2.4chiffre 6 juin

Je vais finir par croire que ces rayons de soleil qui me saluent avec une douce bienveillance dès que j’émerge du sommeil le matin sont une constante de Ar..ge.
Hier soir, avant de me coucher, j’ai, une nouvelle fois consulté le plan d’Ar..ge qui m’a été remis par la fort aimable et piépiante employée de la Mairie avec l’espoir d’y trouver le parc que je cherche. Espoir déçu cette fois encore.
Pourtant, j’en suis certaine, il devrait se trouver là où je le cherche, à peu de distance de la rue que j’habite, parallèle à la rue Nationale (qui se trouve être également la rue principale d’Ar..ge avec ses commerces divers de part et d’autre et, bien évidemment, les agences bancaires qui courtisent les commerçants), accessible après avoir franchi un petit pont de bois.
Je ne suis pas du genre à renoncer dès le premier obstacle (non, non, je n’ai pas oublié les détritus ménagers et les sacs poubelles qui patientent et qui continuent de s’accumuler au rez-de-chaussée de la maison en attendant le retour de Cher Fils ; non, je n’ai pas oublié qu’il me faut trouver une solution pour les ordures ménagères qui ne manqueront pas de s’amonceler ensuite) et tout le temps pendant lequel j’ai préparé puis bu mon infusion (sensée m’aider à dormir et dont le résultat est très aléatoire), tout le temps pendant lequel je me suis préparée pour la nuit (savonnage, récurage, rinçage, bouchonnage, étrillage dentaire, mise en T-shirt - de loin plus confortable qu’une chemise de nuit qui tire-bouchonne sournoisement jusque sous la poitrine pendant qu’on dort ou un pyjama dont une partie du pantalon s’entête à s’insinuer entre les fesses), je me suis creusée la tête pour détecter le moyen qui me permettrait de dénicher ce parc de plus en plus tentant comme tout objet de convoitise qui se dérobe.
Et si je n’ai pas crié Eurêka en revissant le bouchon du tube de dentifrice, quand j’ai trouvé la solution à mon problème, c’est uniquement parce que je ne parle pas grec couramment.
Que n’y avais-je pensé plus tôt ? Il suffisait de demander à un commerçant. Qui est mieux placé qu’un commerçant pour connaître sa ville ?
Or, parmi le courrier déposé dans ma boîte à lettres, une lettre de la Sécurité Sociale, dont j’allais désormais dépendre, me confirmait mon adhésion et, entre autres, m’enjoignait de procéder à la mise à jour de ma Carte Vitale par le biais d’une borne mise à disposition des assurés sociaux dans toute pharmacie.
L’avantage d’une officine de pharmacie, c’est que plusieurs personnes y sont employées et que le renseignement que tel(le) ne connaît pas sera su par tel(le) autre.
Et bien non ! Un parc, ils ne connaissaient pas ! À moins que…
« Oh, vous voulez sans doute parler de l’Esplanade du Port ! C’est vrai qu’il y a un beau petit carré de verdure mais ce n’est pas un parc !
- Continuez tout droit vers… et juste après la boulangerie et avant le bar qui fait loto, tournez à main gauche la ruelle qui descend et vous accéderez à l’endroit que vous cherchez. »

acces parc Roxane et moi ne longeons pas plus de quatre à cinq façades de maison avant d’arriver à la ruelle qui descend… Entre deux poubelles malodorantes placées en sentinelles. Un détail omis par la pharmacienne laquelle n’a peut-être jamais traîné ses guêtres dans ce passage qui donne plus l’impression de mener à une Cour des Miracles qu’à un attrayant carré de verdure.
Je vais finir par me demander si je deviens paranoïaque ou si l’acharnement des poubelles à me poursuivre dans cette ville écologique est une réalité ?
Le parc de mon souvenir n’est, à l’évidence, qu’un carré de verdure dont la surface n’excède certainement pas les 5 à 600 m2. Un carré de verdure qui serait suffisamment vaste pour favoriser les ébats de ma chienne si ses issues (les issues du parc, évidemment ; soyez sérieux un peu ; avez-vous déjà vu une chienne avec des issues ?) ne laissaient voir de manière bien trop tangible les énormes bahuts qui roulent bruyamment sur la route nationale. (Je suppose qu’il n’est plus besoin de vous expliquer pourquoi ?)
Une fois traversé le parc qui n’est à l’évidence pas un parc - et qui ne pouvait donc figurer à ce titre sur le plan remis par la gracieuse et gloussante employée de Mairie – j’accède effectivement à une petite esplanade. Pour ce qui est du port, j’émets des réserves car je n’y ai vu nul bateau et y en aurait il eu que la place, me semble t’il, ne permet pas une flottille notable.
Par contre, un petit sentier de terre s’ouvrant à ma gauche me lance un coup d’œil engageant avec sa promesse d’une promenade entre des jardins protégés de toute incursion par des grillages et les abords de la rivière qui coule paisiblement.
Roxane est séduite elle aussi qui ne se permet que deux incartades mineures (une invasion dans le seul jardin non protégé par un grillage pour y voler un ballon et, accessoirement, infliger un moment de terreur intense à un couple qui petit-déjeunait et la course poursuite après un chat suivi de la tentative de le déloger de l’arbre dans lequel il s’est juché) pendant tout le temps qu’il nous faut pour arriver à un embranchement qui, loin d’offrir la perspective d’un choix entre deux directions, se présente comme un cul de sac qui nous oblige à rebrousser chemin.
Pas grave, l’aller seul demande une vingtaine de minutes de marche et il est temps de rentrer à la maison pour, de nouveau, solliciter les services d’Harry puis aller faire quelques courses chez l’ED pour trouver de quoi nous sustenter pendant le week-end Cher Fils et moi.
Non, inutile de vous précipiter sur votre téléphone pour appeler la SPA, pour m’accuser d’affamer Roxane.
Mardi dernier, Cher Fils a ramené deux grands sacs de croquettes et j’ai fait ample provision de diverses douceurs pour chien avant le déménagement. Vous savez, vous propriétaires de chiens, ces douceurs que votre cabot adore et que votre vétérinaire abhorre.os a chien
Si vous ne connaissez pas ED, consolez-vous, vous ne perdez rien.
C’est exactement le genre de magasin où il est inutile de chercher ce que vous souhaiteriez y trouver. Entre autres, pas le poulet rôti que j’achète chaque semaine et j’espère que la place du marché abrite bien un marché et que ce marché s’installe le samedi sur cette place qui lui est destinée.
ED me ferait presque regretter l’hypermarché Carrefour contre lequel je n’ai cessé de vitupérer depuis qu’il s’est implanté près de mon ex chez moi pour y remplacer Continent qui était un gentil supermarché convivial et bien achalandé.
ED n’a qu’un mérite : me renforcer dans ma résolution d’acheter un vélo qui me permettra d’aller faire mes courses dans le Super U distant de 2 km.
Oui, je me doute bien que ce ne sera pas très rigolo en hiver ou par temps de pluie mais pour la ligne et le galbe des mollets, c’est excellent.
Vous ai-je déjà dit que j’étais dotée d’un inaltérable caractère optimiste ?
Samedichifre 2.5chiffre 7 juin

Hier, de retour de promenade, j’ai de nouveau eu l’occasion de saluer Madame Tricot qui s’est enquise de savoir si j’avais enfin trouvé le parc que je cherchais.
Je ne me suis pas contenté de lui répondre par l’affirmative. Je lui ai dit comment ma mémoire avait gardé un souvenir erroné puisqu’en fait il ne s’agissait pas vraiment d’un parc. Puis je lui ai décrit les lieux avant de lui raconter notre balade et les fredaines de Roxane.
« Oh, l’esplanade du port ! Bien sûr ! Que n’y ai je pensé ! » S’exclame Madame Tricot avant de poursuivre :
« Mais la prochaine fois, au lieu de prendre le chemin sur votre gauche, je vous suggère vivement d’emprunter celui qui est un peu plus loin à droite.
- Vous verrez, la promenade est autrement plus agréable.
- Et si vous êtes bonne marcheuse, vous pouvez aller jusqu’au plan d’eau de La G. qui, lui, est situé près d’un véritable parc. »

Comme le temps est toujours aussi radieux, je décide de suivre le conseil de Madame Tricot (qui, tout comme son époux, s’avèrera de fréquentation certes très occasionnelle mais néanmoins très plaisante).
chemin Bien m’en prend car c’est vraiment un lieu de promenade très agréable avec son large chemin de terre uniformément plan qui suit le fil du fleuve sur un côté et longe, sur son autre côté, tantôt des zones boisées avec de temps à autres des espaces ouverts qui laissent apercevoir des terrains de sport, tantôt des champs dans lesquels gambadent les lapins.
Je n’ai qu’une crainte, c’est que Roxane cherche à attraper les poules d’eau qui jouent les Canadairs kamikazes. Les abords abrupts du fleuve ne sont guère propices à une escalade et, dans l’impossibilité de remonter sur la berge, elle se noierait.
Heureusement, l’endroit est aussi désert qu’une cervelle de jeune délinquant et mes hurlements pour la rappeler chaque fois qu’elle s’approche un peu trop de l’eau à mon gré ne risquent pas de déranger qui que ce soit si ce n’est les canards et les ablettes.
Pour autant, je ne voudrais pas la priver de liberté à cause de mes craintes peut-être irrationnelles mais, même s’il m’a été affirmé - par ceusses-là qui prétendent s’y connaître en comportement animalier - qu’un chien ne plonge jamais dans un endroit dont il n’est pas certain de remonter, je ne suis pas rassurée pour autant.
Je ne suis pas rassurée parce que ma « Rantanplan » de Roxane n’est peut-être pas informée, elle, qu’un chien ne plonge jamais dans un endroit dont il n’est pas sûr de sortir.
Je ne suis pas rassurée parce que, pendant des années, j’ai cru aussi qu’un chat retombait toujours sur ses pattes comme j’ai cru également qu’un animal ne mangeait jamais de la nourriture avariée et que l’expérience m’a appris que ces croyances populaires n’étaient que des fariboles.
Bien évidemment, ma folle de Roxane qui est obnubilée par les poules d’eau et les canards qu’elle ne peut atteindre ne voit pas les lapins qui folâtrent dans les champs.
Je dois avoir un fond maso que je ne me connaissais pas pour aimer autant un animal aussi irritant que cette chienne.
Irritante, elle va l’être encore plus dans quelques instants mais je l’ignore encore au moment où nous arrivons au niveau d’un petit tunnel qui passe sous une route.
Les matins suivants, je découvrirai que cette route, si paisible les samedi et dimanche, est très fréquentée en semaine tant par des voitures que par des camions roulant à vive allure ce qui m’obligera à rebrousser chemin bien avant d’arriver à l’entrée du tunnel car bien évidemment la vue et le bruit de cette circulation auront le don de rendre Roxane hystérique dès qu’elle les percevra.
gemerie Pour l’heure, nous passons sous le tunnel, rencontrons un chien et son maître que nous saluons (enfin, pour être précise, Roxane salue le chien et moi le maître), et après quelque pas et un tournant, nous débouchons sur une vaste étendue d’herbe qui longe un vaste plan d’eau avec une (presque) vaste plage de sable sur l’un de ses côtés et… Des canards voguant sur le plan d’eau.
Le voudrais-je que je ne pourrais retenir Roxane. Je n’ai pas le temps de dire ouf que déjà elle a fait plouf.
Les canards en ont vu d’autres et ricancanent en mettant les voiles. Roxane s’obstine à vouloir les attraper. Je peux toujours m’égosiller que je veux la voir immédiatement à sa place. Elle a décidé que sa place était dans l’eau pour y attraper un canard. Au moins un pour leur apprendre à la narguer.
C’est à un moment comme ça que je regrette de nager avec l’aisance d’un quokka.

    (Je défie quiconque de me soutenir, en me regardant droit dans les yeux, avoir déjà vu nager un quokka)

Quand enfin elle se résigne à regagner la berge, ce n’est pas pour m’obéir mais, je crois bien, tout simplement parce qu’elle finit par prendre en pitié ma voix éraillée.
Le retour à la maison me démontre encore une fois l’injustice de la vie avec une Roxane fringante qui va se prélasser tandis que moi, épuisée, je vais devoir me coltiner la corvée de courses.
Lorsque nous sommes parties nous promener, j’ai vu s’installer le marché et j’ai vérifié que je pourrai y faire l’emplette d’un poulet rôti.
Après avoir donné ses croquettes à Roxane, je lui explique que je vais devoir la laisse seule tout comme hier, quand je suis allée chez ED.
Pendant une bonne dizaine de minutes, je lui rappelle que la veille je suis revenue comme je le lui avais promis et qu’il en sera de même cette fois encore. Je la câline et lui assure qu’elle n’a pas à avoir peur d’être abandonnée.
N’empêche que le regard éploré qu’elle me lance dès que je franchis le portillon me tourneboule l’estomac.
En rentrant du marché, je rencontre Madame et Monsieur Tricot. Madame me présente son époux (un homme tout aussi sympathique que son épouse ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire). Il a un charme supplémentaire à mes yeux ; il est coiffé en catogan. J’adore les hommes coiffés en catogan. Ça leur donne un genre baba-cool qui les rend, à mon goût, très séduisants.
« Ma femme m’a dit que vous promeniez parfois votre chienne de l’autre côté de la voie ferrée, me dit-il.
- Si je peux me permettre, je vous le déconseille fortement. C’est un coin rempli de vipères. Elles adorent se lover sur le ballast et abondent dans les champs proches. »
J’ai la phobie des serpents. J’ai la phobie de tout ce qui est rampant d’ailleurs. Au point de défaillir même si je n’en aperçois qu’une image que ce soit sur papier, sur un écran de télévision, ou sculpté.
Je sens ma peau se hérisser, mon estomac se tordre, la nausée m’étreindre la gorge tandis que je m’exclame :
« Oh, merci de m’avertir. Je déteste ces bestioles à un point que vous ne pouvez imaginer.
- Soyez certains que je ne remettrai jamais les pieds dans ce coin là.
- J’ai tellement la phobie de ces animaux que ne m’approcherai même pas de cent mètres de la voie ferrée. »

« C’est surtout que votre chienne aurait pu se faire piquer ! » Me dit-il sans malice.
Je vis secrètement un grand moment de honte. Les reptiles me révulsent à un point tel que je n’avais même pas pensé au danger couru par Roxane.

Hier soir, Cher Fils qui, pendant toute la semaine dernière a installé ses quartiers dans l’appartement que j’ai quitté à M. les C. (non pas pour que mon F3 ne se sente pas trop brutalement abandonné - Cher Fils n’a pas de ces états d’âme - mais par commodité car la formation qu’il dispensait avait lieu en région parisienne), Cher Fils m’a téléphoné pour me prévenir qu’il ne reprendrait finalement la route qu’aujourd’hui :
« Quand j’ai dit aux déménageurs de ne pas toucher à telle et telle machine, à tel et tel objet, je n’ai pas réalisé la quantité que ça représentait alors je vais dormir et je chargerai tout dans la voiture demain matin. Ça me permettra d’ailleurs de dormir toute une nuit ce qui ne m’est pas arrivé depuis longtemps. »
Ne sachant à quelle heure il est sensé arriver, j’ai acheté de quoi lui préparer un dîner mais comme, à midi et demi, je n’ai toujours aucune nouvelle de lui, je lui téléphone et…… Je le réveille.
Bon, inutile de l’attendre avant le milieu de l’après-midi. J’espère seulement qu’il arrivera suffisamment avant l’heure de fermeture de la déchetterie pour aller nous débarrasser des quatre sacs remplis de déchets qui continuent à squatter la poubelle en plastique accoudée contre l’un des murs sur le côté de la maison tout comme un poivrot est affalé contre le zinc d’un bistrot.
Espoir déçu - mais j’ai tellement l’habitude que mes espoirs soient déçus qu’ils ne sont jamais très consistants ce qui a pour avantage de m’éviter de cruelles désillusions - la voiture de Cher Fils ne pointe le bout de pare-choc avant de sa voiture que bien après dix-neuf heures.
Tout en préparant un frugal repas dans la cuisine (pour sa ligne, pas la mienne ; j’ai perdu tellement de kilos depuis l’arrivée de mon coach (Roxane) que je saute allègrement dans mes jupes et pantalons taille 38) je lui expose mes problèmes avec Sainte-Claire qu’il m’a été impossible de faire fonctionner.
« je n’obtiens qu’un écran neigeux et il n’y a même pas de son.
- Il va falloir que je fasse appel à un électricien pour qu’il la programme. »

Sainte Claire « Ah bon ! Me lance t-il cinq minutes après de la salle de séjour/salon où il s’est assis dans LE fauteuil. (Ce n’est pas que ce fauteuil soit particulier ; c’est que je n’en possède qu’un seul)
- Et comme ça ? Est ce que tu entends quelque chose de compréhensible ? Et tu penses que tu pourras te satisfaire des images que l’écran te renvoie ? »
Sainte-Claire a renoncé à son mutisme exaspérant et m’offre la vision d’un documentaire passionnant sur la tonte des moutons qu’elle commente de cette voix lénifiante qui a le don de me mettre en rage. (Parce que, bien sûr, pour achever de me narguer, il a choisi ARTE la chaîne des intellos) (NB - Il est bon de savoir que je considère comme intellos tous ceux qui ne sont pas comme moi des accros de séries policières ou des séries du genre « Desperate Housewives ») .
Je me suis escrimée pendant des centaines de minutes sur les touches verte, bleue, rouge, jaune, de la télécommande. Je me suis énervée en me cassant les ongles sur la touche « Install. ». Je me suis exaspérée de ne jamais obtenir le plus infime résultat laissant présumer une perspective de succès. J’ai résisté au désir impétueux de jeter cette scrongneugneu de télécommande contre la cheminée.
Et maintenant, toute honte bue, il me faut faire face à Cher Fils qui goguenarde :
« T’as failli rendre un électricien heureux.
- Je l’imagine très bien ou plié de rire ou te tendant avec le plus grand sérieux une facture au montant astronomique. »

Dimanchechiffre 2.6chiffre 8 juin

Rien de spécial ne marquerait ce dimanche qui achève ma première semaine ar..geoise. si ce n’est un grand coup de spleen qui choit sur ma p’tite tête le matin alors que Roxane me promène sur le chemin de halage en bord de Sarthe.
C’est qu’il est tellement désert ce chemin, à 8 heures le matin, avec juste deux ou trois féroces pêcheurs, chacun ayant mis en embuscade une quadruple canne à pêche (le goujon mérite t-il cette attaque féroce ? Je lorgne les cannes à pêche et, phénomène d’empathie piscicole ? J’entends la wagnérienne « Chevauchée des Walkyries » trompeter à mon ouïe).
Mes amis me manquent.
Me manquent la pétulance des danseuses, Karine et Christine,
Sylviane et sa tendresse pour les ânes… Lorsqu’ils marchent sur quatre pattes,
Patricia qui voit la nature avec le même regard que moi,
Danne, le baroudeur grand prédateur de taupes,
Marc et sa connaissance sans forfanterie de la gente canine,
et, plus que tout autre, mon ami Le Chat avec qui je me sentais en parfaite symbiose.
Moi qui ai toujours goûté le bonheur de la solitude, je souffre de manquer de quelque chose que je ne peux définir mais dont tu es responsable ami Chat.
Ami Chat, je te hais en ce moment de me manquer autant.
demenagement Heureusement, si un déménagement occupe, un emménagement donne encore plus d’ouvrage.
Déménager, c’est avant tout un mélange dosé de réflexion et de travail musculaire : il faut étudier la meilleure façon de fractionner les objets à transporter tout à la fois pour répartir les charges de manière raisonnable dans les cartons et pour ne pas avoir à chercher où est quoi quand viendra le moment d’y récupérer les objets emballés.
Emménager c’est récupérer les objets de première nécessité puis prendre le temps de cogiter sur le rangement le plus intelligent à adopter. Et ça, ça prend du temps (surtout lorsqu’on est affligé, comme moi, d’un QI de carassin).
Alors, avec ce genre d’occupation partagée avec Cher Fils le restant de la journée, je n’ai pas le loisir de m’appesantir sur mon spleen matinal.
Cher Fils et moi sommes satisfait du résultat de nos efforts quand nous nous décidons à passer à table pour nous sustenter.
La soirée est déjà bien avancée et nous ne nous attardons pas à déguster le yaourt servi pour dessert.
Demain, Cher Fils doit reprendre la route pour une nouvelle formation à dispenser à Rennes et sa nuit de sommeil va encore être courte.
Afin de lui éviter de perdre plus de temps que nécessaire, je décide d’aller fermer le portillon dès que sa voiture l’aura franchi.
C’est ainsi que dans la nuit claire, je remarque des sacs poubelles en polyéthylène couleur pruneaux posés comme de gros étrons soit à même le sol, soit dans des poubelles pansues au teint charbonneux, devant chaque porte de pavillon, sur chaque trottoir, tout au long de la rue.
Des sacs qui contiennent les déchets qui ne font pas l’objet d’un tri sélectif, bien sûr ! Comme je l’apprendrai à force de surveillance intensive smiley rigole, des sacs ramassés par les éboueurs deux fois par semaine.
Quand je pense que chaque fois que je me suis inquiétée du ramassage des ordures ménagères auprès du peu de personnes rencontrées dans cette ville, elles m’ont bassinée avec les seuls et uniques rebuts … Écologiques !
Quand je pense que j’en arrivais presque à douter de mes bonnes mœurs concernant mes aptitudes à la propreté !
Quand je pense que j’en arrivais presque à croire que j’étais la seule créature d’Ar..ge à produire des déchets !
Faberge Ouf, les habitants d’Ar..ge sont bien des humains ! Ils salissent, ils polluent, comme tous les humains de la planète terre et leur transit intestinal ne métamorphose pas la nourriture qu’ils ingèrent en œufs dignes de la collection Fabergé. Les habitants d’Ar..ge défèquent comme tout un chacun. Voilà qui me rassure sur mes facultés à m’intégrer à cette ville illogique***
Ainsi se termine ma première semaine ar..geoise.

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*** Jamais je n’ai vu une ville, une ville qui plus est se prétend écologique, équipée de si peu de poubelles sur ses trottoirs.
Or, tout agent d’entretien de la voirie vous le dira, l’intérêt des poubelles, c’est qu’on repère de loin le tas de détritus que les gens s’empressent de jeter juste à côté.

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Les illustrations ont été empruntées :
diligence : http://www.gauget-family.net/
Point d’interrogation : http://www.animated-gifs.eu/
calendrier juin : http://www.123gifs.com/
chiffres 23 à 26 : http://katbalou.centerblog.net/
chiffres 27 & 28 : http://jacotte26.forumactif.com/
lave-linge, écrans télévision, écran ordinateur :
http://iledebeaute.centerblog.net/
poubelle : http://www.informatiquegifs.com/
main tendue : http://www.anpec.net/pratique/gifs/
chien avec os : http://www.gifsanimes.net/
Barres de séparation : http://colinou.centerblog.net/

4/5 - Histoire vécue d’une accession à la propriété.

27 août 2009

Voilà, raconté en un
Préambule intitulé : L’accession à un bien foncier n’est pas foncièrement inné.
et diligence 4 étapes sportives titrées
1ère étape : L’Achat de la maison ; le choix m’échoit
2ième étape : Immobilier bilieux
3ième étape : Ça déménage
4ième étape : Propriétaires ; va t-on s’y faire ?

de quelle manière,
à trente ans bis
et quelques escarbilles d’années lumière,
on devient co-propriétaire minoritaire avec son fils
quadragénaire,
après avoir été propriétaire à part entière.

3ième étape : Ça déménage
maison Ar..ge
Courant de l’après-midi du 14 avril 2009, Cher Fils et moi devenons propriétaires conjoints d’une maison dont il est convenu que nous laissons la jouissance à son ex propriétaire jusque fin juin.
Dans la soirée de ce même 14 avril, Cher Fils, qui est son propre patron et donc un patron exploiteur qui s’oblige à travailler 24 heures/24, 7 jours/7, 365 jours par an (sauf les années bissextiles où il travaille une journée supplémentaire), Cher Fils, un blasphème ambulant pour les économistes, en cette période de crise, avec un carnet de commande rempli (saturé) pour l’année entière, Cher Fils me prévient :
« Si je dois vous véhiculer Roxane et toi jusqu’à la maison d’Ar..ge il faut prévoir ton déménagement au plus tard le 22 ou le 23 juin sinon mon planning de travail ne me laissera plus d’opportunité avant la deuxième quinzaine de juillet. »
Outre le fait avéré qu’il n’est absolument pas envisageable de voyager avec Roxane en empruntant les transports en commun, il y a également autre chose que je veux éviter dans la mesure du possible, c’est vivre avec elle un autre 14 juillet à M-les-C.
Le chemin de croix du gars Jésus Christ, c’est un parcours idyllique semé de pétales de roses comparé à une période de 14 juillet vécue à M-les-C. en compagnie de Roxane.
feu artifice Qu’elles soient provoquées par l’orage ou de simples pétards, les déflagrations traumatisent Roxane. Un traumatisme qui se traduit par une terreur indicible. Or la municipalité de M-les-C. offre son feu d’artifice à proximité de mon appartement et les enfants de la résidence où j’habite se font une joie de faire claquer des pétards dès les premiers jours des vacances scolaires.
Inutile de chercher à faire faire une promenade hygiénique à ma chienne quand le tonnerre gronde ou quand les fusées du feu d’artifice claquent. Paniquée, elle se terre dans le plus petit recoin possible avec, sans doute, l’illusion que plus elle se tasse sur elle-même moins le danger a de possibilité de l’atteindre.
Pour toutes ces raisons, je veux donc déménager au plus tard le lundi suivant le dernier week-end de juin, c’est-à-dire le 22.
Je suis du genre prudent. Afin d’éviter tout problème de disponibilités des entreprises spécialisées en déménagements quant à la date souhaitée pour la prestation, je procède à des demandes de devis dès les premiers jours de mai.
Comme seulement 3 heures de trajet effectué avec un véhicule motorisé séparent mes actuel et futur lieu de domicile, il m’a semblé évident qu’une journée suffirait pour effectuer le déménagement. C’est dire ma stupéfaction quand toutes les entreprises sollicitées pour un devis me récitent le même credo :
« On arrive le matin aux environs de 08 heures/ 08 heures 30.
- Au vu de ce qui est à emporter, normalement, sur le coup de midi/treize heures au plus tard, tout est chargé.
- Le camion arrivera à destination dans la soirée et le lendemain le déchargement se fera à partir de 08 heures »

Bon, d’accord, je sais que les 35 heures créent des obligations aux employeurs mais là, dans ce cas précis, est il normal que tant d’heures soient inexploitées ? N’est ce pas aberrant ?
Parce que, logiquement, pour peu qu’il parte sitôt chargé, le camion doit arriver à destination au milieu de l’après-midi. Alors pourquoi l’immobiliser pendant au moins 16 longues heures sans raison précise ?
Effarée par ce qui me semble être une incohérence flagrante, je tente bien d’obtenir quelques explications à propos de ce planning fantaisiste. Le regard condescendant des « spécialistes » me dissuade très vite d’insister et, plutôt que regimber inutilement, je m’emploie à prévoir mon emploi du temps (Pas la peine de hurler à cause de la redondance ; elle est volontaire) pour meubler ma disponibilité pendant cet après-midi à passer dans un appartement vidé de tous ses meubles. Je vais tout simplement procéder à une grande opération de nettoyage pour que tout soit clean lorsque les nouveaux propriétaires prendront possession des lieux.
On remarquera, au passage, mon caractère … optimiste puisque, début mai, je n’ai toujours pas trouvé acquéreurs pour mon appartement.
Cher Fils se moque bien que les entreprises de déménagement perdent leur temps et donc leur argent en pratiquant un planning aussi loufoque mais peste d’importance car l’absurdité de ce programme provoque un effet boomerang qui a pour résultat de lui faire perdre son temps à lui aussi même s’il a toujours la possibilité de travailler sur son ordinateur portable pendant tout le long après-midi que nous allons devoir attendre.
marre Il peste aussi parce que le déchargement programmé le lendemain à 08 heures va nous contraindre à prendre la route au plus tard à 4 heures 30 ; ignorant si Roxane, dont le passé nous est inconnu, a déjà parcouru de longues distances en voiture, il préfère envisager des arrêts obligés et j’ai beau lui certifier que Roxane se tiendra coite pendant le trajet, il ne se sent pas plus tranquillisé pour autant.
Encore une preuve de mon incurable optimisme car pour peu qu’un orage se déclenche lorsque nous serons sur la route et le parcours risque de prendre des allures de film catastrophe avec une Roxane rendue hystérique par la peur.
Autant dire qu’il juge inutile même de se coucher, lui qui ne rejoint jamais son lit avant deux ou trois heures du matin (oui, ben pas la peine de ricaner que j’ai prétendu plus haut qu’il travaillait 24 heures/24. Sachez que, lorsque Cher Fils roupille, son cerveau continue à bosser. Et vlan !), et il ne décolère pas même quand je lui transmets l’invitation à souper de gentils voisins qui nous évitent ainsi un programme resto après une collation sandwichs obligée le midi.
À partir de ce jour de fin mai où l’entreprise de déménagement dont j’ai accepté le devis me livre des cartons, ma vie prend une allure fébrile.
Ce ne sont pas seulement les affaires personnelles que j’ai accumulées pendant 26 ans qu’il m’appartient d’emballer (les livres, CD et babioles demandent autant de cartons à eux seuls que mes vêtements et le linge de maison) mais également les livres comptables archivés sur une vingtaine d’années des deux précédentes sociétés de Cher Fils, les livres et classeurs comptables archivés sur une douzaine d’années et en cours de l’actuelle société de Cher Fils plus trois cartons uniquement pour ses BD et encore plus pour nos K7.
Les pièces rétrécissent à vue d’œil au fur et à mesure que j’empile, se transforment en labyrinthes lorsque les forces me manquent pour soulever les cartons.
Il faut dire que l’espace était déjà compté avec tout ce que Cher Fils a stocké de son côté dans mon F3 faute de place dans son studio (surtout des livres et du matériel informatique) et qu’il emballera pendant le week-end précédant le jour du déménagement.
Je ne regrette pas d’avoir choisi le service optimal proposé par l’entreprise de déménagement laquelle aura la charge d’enlever sur des portants les vêtements déjà sur cintres ainsi que l’emballage de la vaisselle et de tous les objets fragiles.
Je ne vous dis pas le nombre d’objets que j’ai gardés, bien rangés, pendant ces 26 ans (au début parce que ‘on ne sait jamais ; ça peut toujours servir’ ; ensuite parce qu’ils ont été oubliés) et que je vais jeter dans les poubelles maintenant parce que je recouvre une éphémère lucidité.
Pour varier les plaisirs, quand je ne remplis pas les cartons, je m’affaire à procéder à toutes les démarches obligées que provoque un déménagement : modifier des assurances, en contracter de nouvelles, veiller à faire suivre le courrier,…
Pour ajouter du piment, il convient également de transférer le siège social de Cher Fils.
Comme je tiens sa comptabilité, l’adresse de mon appartement était utilisée comme adresse de siège social de son entreprise pour des raison de commodité. Il convient maintenant de transférer l’adresse du siège social de son entreprise à son adresse personnelle au Mans.
cartons Je barbote donc frénétiquement entre cartons et paperasses.
Par chance, il fait un superbe temps estival le 22 au matin lorsque tous les cartons, remplis, fermés, scotchés, au garde à vous en rangs serrés, attendent les déménageurs.
Courant de la semaine passée, j’ai fait mes adieux à mes ami(e)s du parc (qui perdent avec moi une inépuisable source de rumeurs infondées), à ma toubib (dont j’ai été la première cliente pas du tout effrayée de livrer mon corps et ses misères à cette femme terrrrrrrrrrrrrriblement jeune, terrrrrrrrrrrrrrrrrrrriblement inconnue que j’abordais alors qu’elle……….. passait la serpillière sur le carrelage de son cabinet de consultation), à mon ophtalmo qui a participé activement à mes journées d’angoisse après mon opération de la cataracte (au fait, ça va beaucoup mieux ; je dirai même que tout est rentré dans l’ordre. Merci de vous en inquiéter), au gardien de la résidence que j’aurais volontiers emmené dans mes bagages (le gardien, pas la résidence ; arrêtez de vous perdre sans cesse dans mes énumérations) avec femme et enfant si le loto de la Loterie Nationale qui donne ses chances à tout le monde sauf à moi n’avait pour habitude de me faire gagner, 2 à 3 fois l’an, environ 5,80 euros pour 6,00 misés.
Nous attendons les déménageurs de pied ferme.
J’ai choisi une entreprise dont m’ont dit le plus grand bien des ex-voisins - toujours et plus que jamais amis - qui ont fait appel à ses services lorsqu’ils sont partis habiter en Haute Normandie il y a maintenant deux ans et où (pour ceux que ça intéresserait), depuis deux ans, ils s’occupent principalement à nourrir les moineaux et écureuils locaux.
Je ne regrette pas d’avoir suivi leur conseil lorsque je vois s’activer déménageur Chef et ses trois acolytes avec autant de célérité que d’efficacité - et vice versa.
camion déménage À midi tapante, mes 26 dernières années d’existence sont arrimées dans le camion et, comme je suis la cliente - et donc celle qui paye la facture - négligeant Cher Fils, c’est auprès de moi que déménageur Chef s’enquiert :
« Et maintenant , comment prévoyez-vous la suite du programme ? »
Question qui me surprend car il me semble évident que son entreprise lui a donné des directives.
Néanmoins, je lui réponds qu’il m’a été clairement expliqué par sa direction que le déchargement est prévu pour le lendemain à partir de 08 heures et que nous mêmes partirons dans la nuit afin d’être sur place au moment de leur arrivée.
Chef me dévisage d’un air ébahi et croasse :
« C’est ce que vous a dit le patron ? »
Je confirme et lui - réussissant la performance de continuer à me dévisager - tout en affectant l’air de quelqu’un qui contemple une demeurée - mais sans se départir d’un certain respect – tonne en direction de son équipe :
« C’est bien ça les patrons ! Y’en a pas un pour avoir un peu de jugeote !
- Non mais, vous vous rendez compte, les gars, qu’on est sensé se croiser les bras jusqu’à demain matin alors qu’on est à tout juste 250 km du lieu où on doit faire le déchargement ! »

choeur Rugissement, vrombissement, glapissement, grincement, hululement, du chœur des déménageurs :
« Ça n’a aucun sens ! On va pas rester à glander comme des cons, quand même ? En partant maintenant, on y est dans 3 heures maximum, on décharge et on est de retour ce soir. Ça serait vraiment trop crétin de suivre le programme du boss alors que si la dame est d’accord on peut tout terminer dans la journée. »
Fort de cet appui, Chef sollicite : « Qu’est ce que vous en dites ? Vous aussi, ça vous fera gagner du temps, hein ? »
Il a pris soin, cette fois de s’adresser tout autant à moi qu’à Cher Fils mais ce dernier, d’un tempérament pourtant peu rancunier d’habitude, fait mine de se désintéresser totalement de la discussion en guise de rétorsion pour avoir été ostensiblement ignoré jusqu’alors.
Bien évidemment, j’ai envie d’abonder dans le sens de déménageur Chef mais deux points me chiffonnent que je m’empresse d’exprimer :
« Même si je suis d’accord avec le principe, j’émets deux réserves avant de prendre une décision.
- En effet, comme nous ne devions partir que dans la nuit, nous sommes invités à souper par des voisins qui habitent l’étage au-dessous et s’ils ont fait des achats ou des préparatifs, il est hors de question que nous leur fassions faux bond. Je vais donc aller les voir immédiatement pour savoir à quoi m’en tenir.
- Ensuite, comme je devais attendre tout un après-midi dans un appartement vide, j’avais prévu de procéder à un grand nettoyage ce qui me sera impossible si je pars de suite. Alors, je veux que vous me laissiez le temps de passer l’aspirateur afin de ne pas offrir la vision de lieux inhospitaliers aux futurs propriétaires. »

    (Pour être franche, ça c’est la version littéraire ; en réalité, je ne cause pas aussi bien que ça)

Mes voisins me rassurent qui n’ont pas encore fait leurs courses et me prêtent fort obligeamment leur aspirateur puisque le mien roupille comme un bienheureux dans le camion des déménageurs.
L’aspirateur de mes voisins ne se formalise pas de se voir ainsi prêtée à une inconnue et c’est avec une remarquable diligence qu’il suce, aspire, digère tout ce que je présente à sa voracité.
Un peu plus tard, un bisou sur la joue de mon gardien de résidence et nous voilà partis.
Roxane est angélique pendant tout le trajet tandis que Cher Fils et moi discutons de l’aménagement de notre future demeure et nous arrivons devant la maison en même temps que les déménageurs lesquels, quoique amputés de deux des leurs, déchargent, transportent cartons et mobilier, ré assemblent les armoires, avec toujours autant de célérité, et (apparemment) sans rien casser, dans la joie et la bonne humeur.
À dix-sept heures, la facture réglée, ils nous quittent et nous prenons possession de NOTRE maison.
cartonsss Que croyez-vous que nous faisons ensuite jusque tard dans la soirée ? Et bien nous nous activons à vider les cartons, bien sûr.
Puis après une rapide collation, Cher Fils qui ne pourra dormir dans sa chambre au rez-de-chaussée que lorsque j’aurai acheté la literie indispensable (sommier et matelas), regagne son studio, Roxane se laisse choir sur sa couverture posée près du canapé dans le séjour, et moi je dirige mes jambes flageolantes en direction de mon lit.

———
Les illustrations ont été empruntées :
diligence : http://www.gauget-family.net/
feu d’artifice : http://fr.bestgraph.com/gifs/
cri “Y’en a marre” : http://misstic9.centerblog.net/
piles de cartons : http://mumuland.centerblog.net/
camion déménagement : http://www.gifsmaniac.com/
chœur déménageurs : http://www.sur-la-toile.com/

3/5 - Histoire vécue d’une accession à la propriété.

22 août 2009

Voilà, raconté en un
Préambule intitulé : L’accession à un bien foncier n’est pas foncièrement inné.
et diligence 4 étapes sportives titrées
1ère étape : L’Achat de la maison ; le choix m’échoit
2ième étape : Immobilier bilieux
3ième étape : Ça déménage
4ième étape : Propriétaires ; va t-on s’y faire ?

de quelle manière,
à trente ans bis
et quelques escarbilles d’années lumière,
on devient co-propriétaire minoritaire avec son fils
quadragénaire,
après avoir été propriétaire à part entière.

2ième étape : Immobilier bilieux
vin fete skieur
Faut vraiment être stupide pour signer un compromis de vente un 13 décembre.
Un 13 décembre, les français ne pensent qu’à un tiercé gagnant : les agapes familiales obligées de Noël, celles non moins obligées du Jour de l’An auxquelles ils se sentent obligés de sacrifier avec des amis, et leurs sacro-saintes obligatoires vacances d’hiver.
Les conseillers financiers des organismes de crédit n’échappent pas à la règle qui vous accordent généreusement un premier rendez-vous à partir du 10 janvier.
Faut vraiment être de parfaits crétins pour signer un compromis de vente un 13 décembre ; Chers Fils et moi sommes de stupides crétins qui signons un compromis de vente le 13 décembre 2008.
Eulalie, « agente » immobilière et responsable du compromis de vente qui nous engage, Cher Fils et moi, à acheter une maison, se fait un devoir de se rappeler à mon bon souvenir sous prétexte de me présenter ses vœux de bonne année. Elle ne manque pas de me signaler qu’avec un premier rendez-vous seu… eu… eu… eu… eu… eulement à partir du 10 janvier, il ne nous restera plus que 17 jours pour monter nos dossiers et obtenir les réponses des organismes de crédit.
Comme vœux, j’ai déjà eu mieux. Même ceux de mon député et du maire de ma commune, uniquement dictés par l’intérêt que représente une électrice potentielle, sont plus agréables à recevoir.
Foin de la prodigalité ! Je n’ai pris contact qu’avec trois organismes de crédit.
D’abord parce que le temps nous manque pour en rencontrer plus. Ensuite parce que ces établissements là boulottent le papier avec une voracité phénoménale. À peine leur ai-je fourni la copie du document, du justificatif demandés, ils réclament la copie d’un autre document, d’un autre justificatif.
C’est insupportable.
Insupportable pour l’amoureuse des arbres que je suis. La fabrication de papier est l’une des conséquences de la déforestation.
e-mail Insupportable parce que chaque copie demandée peut être envoyée par e-mail mais prend un temps considérable pour l’obtenir en scannant le document.
Insupportable parce que j’ai l’impression de vivre une version paperassière du tonneau des Danaïdes.
Je suis bien obligée de supporter l’insupportable.
Et puis, coup de grâce qui n’a rien de gracieux, voilà t’y pas que ces fichus organismes de crédit usent de chantage pour seulement étudier ma demande de prêt relais ! Ils exigent la preuve que j’ai bien mis mon appartement en vente et cette preuve je ne peux l’obtenir qu’en signant un contrat d’exclusivité avec une agence immobilière.
Un contrat d’exclusivité c’est trois mois de perte de liberté. Horreur ! Moi qui n’ai même pas supporté l’exclusivité qu’imposent les liens du mariage !
Bon. Quand y a pas moyen d’esquiver, autant se faire une raison. Et, asticotée sans trêve par Eulalie qui menace déjà de sonner l’hallali, j’ai intérêt à faire preuve de raison : « La propriétaire s’impatiente. Je vais devoir chercher d’autres acquéreurs pour sa maison. »Traduction sous-entendue : « Si vous ne vous magnez pas le train, j’annule le compromis de vente, vous pouvez faire une croix sur la maison, et vous devrez quand même me payer ma commission de 12.000 euros. »
Que de hargne ! Le délai requis pour obtenir une réponse des organismes de crédit n’est jamais dépassé que de 4 petits jours.
Je signe donc le contrat d’exclusivité avec l’une des agences, la plus proche de chez moi, l’illustre 100TU smiley rit xx qui a fait une estimation plutôt coquette de mon appartement le mois de juillet précédent.
L’organisme de crédit est satisfait qui m’accorde le prêt relais et, dans la foulée, accorde à Cher Fils l’emprunt sollicité. Moi, je vais disposer de 90 jours pour regretter d’avoir choisi cette agence.
En trois mois l’illustre agence immobilière 100TU smiley rit xx fait visiter mon appartement à 4 ? 5 ? chercheurs d’un bien à acheter.
Et qu’est ce qu’ils disent aux visiteurs pour leur donner envie d’acquérir le bien présenté, les agents immobiliers de 100TU smiley rit xx ?
« Ici vous avez le séjour.
- Là vous avez la cuisine.
- Cette porte donne sur les wc… »

Y’ a pas à dire, ils ont dû faire de sacrées études dans les écoles commerciales les plus réputées pour émettre des arguments de vente aussi percutants.
Je reçois des comptes-rendus de visite… 3 semaines après (La Poste achemine le courrier de plus en plus lentement) et si le style laconique était primé, 100TU smiley rit xx aurait la médaille de l’excellence.
Je vous laisse juges : Compte-rendu de visite du ../3/2009 : trop cher.
Pas la peine de vous citer les autres, ce serait du plagiat.
« Vous en demandez trop ! » Critiquent les agents d’élite de cette agence d’élite qui oublient un peu vite que ce sont eux qui ont fait l’estimation de mon bien.
« Il faut revoir votre prix de vente à la baisse sinon vous n’avez aucune chance de trouver acquéreur. » Sermonnent les agents d’élite de cette agence d’élite qui considéreraient comme un crime de lèse-majesté de rogner sur leur commission.
arcades C’est finalement une modeste agence immobilière, conseillée par mon ami Le Chat, appelée à la rescousse (c’est l’agence qui est appelée à la rescousse, pas mon ami. Eh, faut suivre les copains !) dès que l’exclusivité est arrivée à son terme qui trouvera des acquéreurs dans le mois qui suit.

    (Bon, d’accord le style de ma phrase est un peu lourdingue. Mais je n’ai jamais prétendu au prix Fémina non plus. Et vous pouvez vous dispenser de commenter que, de toute façon, il ne m’aurait pas été attribué.)

Il faut dire que le rythme des visites est nettement plus intensif et les acquéreurs autrement dynamisés par un agent immobilier pétillant comme du Vin de Champagne.
À ce moment de cette narration, palpitante, je sais, soyez sympas et en dépit de votre envie dévorante de connaître la suite de mes aventures immobilières, accordez-moi le droit à un interlude pour vous parler de mon ami Le Chat qui a son importance dans ma vie et dans ce récit.
D’abord, il vous faut savoir que Le Chat n’est pas un chat mais un homme.
Un homme sain tout autant physiquement que moralement.
Un homme d’autant plus plaisant qu’il ignore être séduisant. Séduisant physiquement, sans être un Apollon, à cause de sa prestance et de sa physionomie avenante qui lui confèrent un aspect des plus agréables. Séduisant moralement parce qu’il a le sens de l’humour, de la répartie, de la beauté, parce qu’il est curieux de tout et surtout des autres sans a priori et sans jugement, parce qu’il sait écouter et ne conseiller que lorsqu’il est sollicité, parce qu’il est serviable sans être béni oui-oui, parce qu’il sait surprendre par un trait caustique jamais méchant et toujours drôle.
Je n’ai jamais eu d’ami appartenant au sexe masculin avant de connaître Le Chat (il faut dire que, jusqu’à une date encore proche, les hommes ne m’intéressaient pas en tant qu’amis) et j’ai bien de la chance que cet homme là m’ait accordé son amitié.
Pendant les presque 4 mois pendant lesquels j’ai espéré des acquéreurs pour mon appartement dans un contexte ultra défavorable (la crise financière terrorisait les acheteurs, les vagues de licenciements les refroidissaient, les nouvelles de récession les rebutaient), 4 mois trop longs, 4 mois trop courts, pendant lesquels j’ai vécu des moments de doute, des moments d’espoir, plus souvent encore des moments de découragement, Cher Fils ne m’était d’aucune aide. Non pas par indifférence mais trop occupé par un planning de travail terriblement intensif.
C’est mon ami Le Chat qui m’a prêté une oreille compatissante, qui m’a soutenue moralement, qui m’a insufflé l’énergie dont j’avais besoin pour ne pas sombrer dans un état dépressif engendré par les incertitudes.
On parle d’ange gardien. Avec un ami comme mon ami Le Chat, un ange gardien est totalement obsolète.
Mais que j’en revienne à ma saga immobilière ou plutôt que je revienne à ce passage où je vous disais : « L’organisme de crédit est satisfait qui m’accorde le prêt relais et, dans la foulée, accorde à Cher Fils l’emprunt sollicité. »
C’est qu’on était rudement contents, Cher Fils et moi !
Le hic, c’est qu’on n’a pas été contents longtemps.
smiley pleuresmiley pleure
Oui, da, l’organisme de crédit lui accordait l’emprunt sollicité (- et c’était une sacrée victoire quand on sait la méfiance des banquiers vis-à-vis des artisans, des indépendants, de tous ceux qui ne leur offrent pas des garanties palpables -) MAIS l’assureur de l’organisme de crédit refusait d’assurer Cher Fils au prétexte qu’il a UN antécédent médical suspicieux.
Pour tout vous dire, un tout bête neuroblastome olfactif opéré en l’an 2000 qui l’a obligé à accepter l’hospitalité d’un lit… d’hôpital (justement) pendant 3 jours. Épisode de sa vie qu’il avait totalement oublié, c’est vous dire l’absence de toute séquelle.
Pour résumer, c’est très exactement comme si un assureur refusait toute protection à un footballeur professionnel en exercice qui se serait tordu la cheville quand il était gamin.
L’ironie de l’histoire, c’est que l’organisme de crédit nous certifie que l’emprunt est bel et bien accordé mais que Cher Fils ne peut en bénéficier sans la caution d’un assureur.
Pendant ce temps, Eulalie continue à me harceler allègrement pour fixer la date de signature chez le notaire de la vendeuse :
- les crédits nous ont été accordés
- la déontologie veut que la signature devant notaire ait lieu dans les trois mois suivant l’acceptation du compromis de vente
- nous avons donc obligation de fixer ce rendez-vous avant la fin du mois de mars.
- Et il n’existe aucune raison pour le retarder… N’est ce pas ?
Ce « N’est ce pas ?» qui se veut frivole résonne contre mon tympan comme un marteau sur une enclume tant il contient des tonnes de doutes inexprimés.
Son impatience est d’autant plus exacerbée que motivée par la perspective d’empocher 12.000 euros.
Il va de soi que je me garde bien de lui avouer les problèmes auxquels nous nous heurtons.
J’invoque les obligations professionnelles de Cher Fils pour demander un rendez-vous chez le notaire soit après 19 heures, soit le samedi - sachant très bien que ni l’un ni l’autre ne sont envisageables - ou les premiers jours d’avril puisque son planning ne lui permet pas de se libérer plus rapidement.
Eulalie renâcle, Eulalie râle, Eulalie tempête, mais Eulalie n’a plus beaucoup de moyens de pression à ce stade. Quelques jours de retard pour un rendez-vous chez le notaire ne justifieraient pas l’annulation d’un compromis de vente. Surtout quand la vendeuse a sollicité de rester sur les lieux jusque fin juin. ouf vieille ! Je parviens à gagner un peu de temps
Grâce soit rendue à ma courtière d’assurances qui se décarcasse pour obtenir une assurance de substitution, qui se démène pour convaincre l’organisme de crédit d’accepter cette compagnie d’assurances désavantagée par deux handicaps majeurs. Elle est totalement méconnue et affligée d’un nom à consonance fantaisiste.
Nous voilà sauvés.
Le hic bis, c’est qu’il faut recommencer toute la procédure de demande de crédit, avec presque les mêmes délais. Conséquence : il serait vain d’espérer percevoir le montant de nos emprunts avant le 07 avril.
Le hic ter (que je pourrais tout aussi bien écrire ictère), c’est qu’un virement émis le 07 avril par l’organisme prêteur a fort peu de chance d’être crédité avant le 10 avril sur le compte bancaire de mon notaire.
Il est donc de la première importance que la signature chez le notaire de la vendeuse soit fixée après le week-end de Pâques. Et entre la fin mars qui obsède Eulalie et le week-end de Pâques qui se situe presque à mi avril cette année, la marge est considérable.
Qu’est ce que je vais bien pouvoir raconter à Eulalie ? Comment faire passer la pilule ?
C’est mon clerc de notaire qui vient à ma rescousse et joue les entremetteuses avec son confrère de la Sarthe pour décider un rendez-vous l’après-midi du 14 avril, lendemain du lundi férié de Pâques. Plus tard, ce n’est pas possible ; la vendeuse a pour projet de partir en vacances le 15 avril.
Eulalie est bâillonnée. Eulalie est neutralisée.
Vous croyez qu’on arrive à la fin de l’histoire ?
Que nenni mes jolis.
Y’a toujours des rebondissements. Les aventures de Michel Strogoff ou Indiana Jones, à côté, c’est gnan gnan et compagnie.
Vous n’allez pas le croire et pourtant c’est authentique.
Le mercredi 08 avril, mon clerc de notaire m’informe avoir envoyé un fax à l’organisme de crédit (j’ai peut être oublié de vous dire que ces gens là, comme bien des organismes - que je ne citerai pas vous laissant le plaisir de les découvrir - ne répondent jamais au téléphone) pour demander le virement correspondant aux montants des prêts qui nous ont été accordés. Pour toute réponse elle a reçu, en retour, un fax du service financier ainsi rédigé : « Le dossier n’est pas conforme. »
Pour du laconisme… Z’ont dû suivre les mêmes cours dans les mêmes écoles de communications que l’agence 100TUsmiley rit xx.
Allez donc savoir les raisons qui motivent cette réponse puisqu’il est impossible de les joindre par téléphone ! Puisqu’ils ne répondent même pas aux fax qui sollicitent une explication !
J’envoie illico un mail à la commerciale qui a traité notre dossier pour l’appeler au secours. Elle a la chance de parvenir à joindre son service financier…. l’après-midi du 09 avril.
Traduction du fax envoyé par le service financier : la personne qui suit notre dossier chez eux est en vacances et des pièces manquent au dossier ; des attestations que nous devions produire, datées et signées et les justificatifs d’assurance.
Si elles manquent, c’est forcément parce que nous ne les avons pas envoyées. Inutile de chercher à les persuader que ces documents ont bel et bien été envoyés puisque je ne peux en apporter la preuve (et pour cause, ils refusent les envois en recommandés). Inutile de chercher à les convaincre que ces documents ont peut être été simplement mal classés. Ils ne figurent pas au dossier donc le virement ne peut être effectué.
Ô rage, ô désespoir, ô fatalité ennemie, n’aurai-je donc tant trimé que pour cette ultime avanie ?
sous pression
Gentille commerciale me dit avoir des rendez-vous le lendemain matin - qu’elle ne peut remettre à une date ultérieure - mais se propose de passer dès le début d’après midi au service financier (à 30 km de son lieu de travail), de m’apporter les documents à signer puis de les remmener au service financier avec les justificatifs d’assurance (40 km aller et retour), de prendre le chèque que lui remettra le service financier pour le porter à mon étude notariale (25 km), pour enfin repartir à son lieu de travail (15 km).
Slalomer parmi les véhicules sur les routes saturées de la région parisienne un vendredi après-midi, veille d’un week-end de Pâques, représente un exploit digne du livre des records. Super women gentille commerciale accomplit cet exploit.
Son périple commencé vers les 13 heures l’amènera à plus de 18 heures 30 devant l’Étude notariale dont elle trouve,bien évidemment, la porte close.
Comme il a été convenu entre elle et mon clerc de notaire pour ce genre de situation, elle glisse donc le chèque dans la boîte à lettres. Il va y rester jusqu’au mardi matin puisque le lundi de Pâques est férié.
Le mardi 14 avril à 09 h 30, (j’ai patienté 30 minutes histoire de ne pas avoir l’air de jouer les pointeuses patronales), j’appelle mon clerc de notaire pour m’assurer que le chèque a bien été récupéré dans la boîte à lettres.
NON. Elle ne l’a pas encore ; le notaire est en vacances, sa secrétaire, détentrice des clés de la boîte à lettres pendant son absence n’est pas encore arrivée.
Elle n’est toujours pas arrivée à 10 h 15 ni à 11 heures 10, ni à 11 heures 55 me répond la standardiste (je n’ose plus déranger le clerc de notaire).
Je n’ose pas déranger mon clerc de notaire mais n’hésite pas à me lamenter auprès de la standardiste qui m’accorde une oreille d’autant plus complaisante que les appels téléphoniques ne se bousculent pas et que je lui offre une distraction bien venue pour faire passer le temps :
« L’absence de la secrétaire va avoir des conséquences très très très ennuyeuses.
- Pour ne pas avoir pu récupérer un chèque dans la boîte à lettres, nous allons devoir reporter la signature chez le notaire du Mans à une date ultérieure qui sera forcément lointaine car la propriétaire de la maison d’Ar..ge part en vacances dès demain.
- Elle doit bien avoir un téléphone portable, cette secrétaire. Tout le monde a un téléphone portable de nos jours (même moi qui était résolument contre, c’est dire). Est-ce qu’il n’est pas possible… »

(C’est à moi, cette voix pleurnicharde ?)
L’exclamation de la standardiste guillotine ma logorrhée :
« Mais j’ai un jeu de clés, moi ! La secrétaire m’en a confié un pour le cas où elle serait empêchée de venir. Je vais aller vous le chercher votre chèque ».
Le chèque atterrit sur le bureau de ma clerc de notaire sur le coup de midi et… Les banques étant fermées pour cause de casse-graine, le transfert de fond est fait dès 14 heures et je peux rassurer Cher Fils que j’ai tenu régulièrement informé de cette accumulation de péripéties.
Lorsqu’ils se réuniront cet après-midi du 14 avril, le notaire de la vendeuse, la vendeuse, et la commerciale de l’agence intermédiaire de vente ignorent et continueront à ignorer que le rendez-vous a failli ne pas avoir lieu.

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Les illustrations ont été empruntées :
diligence : http://www.gauget-family.net/
Fête arrosée : http://www.icone-gif.com/
le skieur : http://www.clipart-fr.com/
e-mail : http://www.atelier-duotang.com/
sous pression : http://kd2r.centerblog.net/

2/5 - Histoire vécue d’une accession à la propriété.

18 août 2009

Voilà, raconté en un
Préambule intitulé : L’accession à un bien foncier n’est pas foncièrement inné.
et diligence 4 étapes sportives titrées
1ère étape : L’Achat de la maison ; le choix m’échoit
2ième étape : Immobilier bilieux
3ième étape : Ça déménage
4ième étape : Propriétaires ; va t-on s’y faire ?

de quelle manière,
à trente ans bis
et quelques escarbilles d’années lumière,
on devient co-propriétaire minoritaire avec son fils
quadragénaire,
après avoir été propriétaire à part entière.

1ère étape : Achat de la maison ; le choix m’échoit
Sarthe chien berger Val d\'Oise
Je ne sais pas à quoi sont confrontés les gens « normaux » qui achètent une maison (épouse avec mari, concubin et sa concubine, pacsés, fonctionnaires, employés de bureau, vigiles,…), toutes personnes partageant un même lieu de vie ou célibataires, mais, pour Cher Fils qui demeure au Mans et moi en région parisienne, la recherche d’une maison qui nous convienne à tous deux n’est pas simple.
C’est d’autant moins simple qu’il n’est absolument pas envisageable que j’emprunte les transports en commun avec Roxane (ma chienne) ce qui restreint bigrement - pour ne pas dire contrecarre carrément – mes possibilités de visites des maisons proposées à la vente.
Roxane est la plus affectueuse des chiennes et, si j’ignore son passé, j’ai l’expérience de son caractère présent et je peux vous assurer que ce n’est pas le genre de « toutou » qu’on peut trimballer avec soi n’importe où et surtout pas dans les transports en commun.
Roxane, c’est la plus froussarde des chiennes qui se cacherait dans un trou de souris, si elle le pouvait, dès qu’éclate un pétard ou que gronde l’orage.
Roxane, devient totalement hystérique, tire sur sa laisse à m’en décrocher les bras, à s’en étrangler ce qui ne l’empêche pas d’aboyer furieusement après tous les camions qui circulent, les trains qui roulent, les poussettes poussées par des dames qui cheminent, les ballons qui volent, les chiens qui déambulent, les chevaux qui caracolent,…
De manière plus attendrissante, Roxane est totalement perdue et me cherche désespérément même quand je ne suis pas éloignée de plus d’une trentaine de mètres. Faut dire qu’elle voit aussi bien que moi lorsque je ne porte pas de lunettes et, croyez-moi, ça ne nous mène pas loin.
De manière plus touchante, Roxane c’est aussi 19 kg d’affection qui quémande les câlineries et se montre d’une patience prodigieuse avec les enfants et les vieux chiens.
Plus drolatique, Roxane, c’est le genre Rantanplan qui marche en surveillant constamment ses arrières et se cogne à toutes les poubelles qui encombrent les trottoirs.
maison home Quand, au mois de juin de l’année 2008, Cher Fils et moi décidons d’acheter conjointement une maison, il est convenu que, puisque je ne peux voyager, lui, Cher Fils, cherchera la maison susceptible de nous convenir à tous trois (Roxane, lui, et moi) et que j’entreprendrai le voyage obligé pour visiter celles qu’il aura privilégiées uniquement pour aller vérifier l’excellence de son choix.
Il est également entendu qu’il restera alors à l’appartement pour y garder Roxane pendant que j’effectuerai le déplacement en utilisant les transports en commun.
Dès le début du mois de juillet, je commence par faire estimer mon appartement afin que nous puissions déterminer le budget qui nous sera nécessaire. Évaluation indispensable pour solliciter les emprunts essentiels auprès des organismes de crédit.
Début octobre (et oui, trois mois après ma demande d’estimation. Mais quiconque a cherché à faire travailler des français pendant les mois d’été sait qu’il s’agit d’une mission impossible), nous obtenons l’assurance que nos demandes de crédit seront agréées ; moi avec un prêt relais sur la vente de mon appartement, Cher Fils avec un emprunt à la hauteur de nos espérances compte tenu des bénéfices réalisés ces trois dernières années par son entreprise.
Aurais-je omis de vous dire que Cher Fils est un as ? ahah
Les médias commencent bien à évoquer une crise financière qui semble pointer le bout de son nez mais avec une telle tiédeur que, connaissant leur fougue pour exagérer le plus petit événement, leurs propos n’ont réellement rien d’alarmant.
Et puis, j’ai d’autres préoccupations ; il devient urgent que je me fasse opérer l’œil droit de la cataracte si je ne veux pas devenir borgne et j’appréhende l’intervention quand bien même mes amis me répètent qu’il s’agit d’une opération des plus banales.
N’en déplaise à mes amis, je suis persuadée que l’intervention ne sera pas aussi cool qu’ils se complaisent à le croire. Je souffre du syndrome de Gougerot-Sjögren (populairement connu sous le nom de la maladie des yeux secs) et il m’étonnerait que ce fichu syndrome ne complique pas une banale opération.
Ensuite, même si mon hospitalisation ne doit pas excéder 48 heures, il me faut trouver une famille d’accueil pour Roxane.
Depuis que mon ophtalmo a pris rendez-vous pour le 17 novembre, je n’ai plus qu’une envie, me défiler… Et je sais que je ne le ferai pas ; je suis le genre de crétine à toujours affronter les situations, aussi épouvantables soient elles.
Je n’ai pas longtemps à me soucier du sort de Roxane. J’ai la chance d’avoir de merveilleuses copines et l’une d’elle se propose pour me la garder le temps de mon hospitalisation.
Évidemment, Cher Fils déniche la maison idéale l’avant-veille du jour où je dois entrer en clinique et se voit contraint d’engager une véritable entreprise de séduction pour convaincre « l’agente » immobilière de patienter en attendant ma visite qu’il est impossible de prévoir avant les premiers jours de décembre.
Évidemment, si l’intervention chirurgicale se déroule sans anicroche, la suite est beaucoup moins satisfaisante.
Je suis entrée dans la clinique un dimanche en soirée pour éviter de devenir borgne ; je sors aveugle de la clinique un mardi en fin de matinée.
Bon, d’accord, j’exagère et je ne suis pas totalement et définitivement aveugle. Mais je suis quand même fichtrement handicapée par un œil droit victime d’une tension si démesurée qu’elle l’ empêche de visualiser. Ce qui est quand même son travail d’œil, non ?
Et c’est à bon escient que j’emploie l’adjectif démesuré ; la tension est tellement intense qu’elle foudroie et décime tous les tensiomètres qui osent la braver. Une véritable hécatombe. Si on s’obstine, la Sécurité Sociale va m’accuser d’actes terroristes envers le matériel médical.
Impossible de voyager en empruntant les transports en commun dans ces conditions.
Il le faudra bien, pourtant. « L’agente » immobilière - que je vais baptiser Eulalie pour la commodité du récit - s’impatiente et décide que dès la mi-décembre, le charme de Cher Fils ne suffira pas à l’empêcher d’aller courtiser d’autres acquéreurs.
TGV Rendez-vous est donc pris pour le 13 décembre et même sachant que je vais voyager avec le TGV ce qui, pour moi, sera un baptême du ferroviaire, cela ne me rend pas la perspective du déplacement plus sympathique.
Il bruine quand Eulalie m’accueille à la sortie de la gare.
La maison que je dois visiter se situe à Ar..ge, à un quart d’heure (motorisé) de la ville. Comme je n’ai pas de voiture, Eulalie s’est proposée à me véhiculer.
Une maison visitée en hiver, quand elle n’est pas située en région de montagnes, ne peut vous montrer que son aspect le moins engageant.
En dépit de mon œil invalide, celle-ci me plaît, cependant, dès que je la découvre.
Elle est pourtant des plus banales, campée au milieu d’une rue bordée de maisons de part et d’autre, bâtie au milieu d’un jardinet clos par une barrière côté rue et d’un grillage à demi dissimulé par des thuyas plantés dans les propriétés voisines sur les trois autres côtés.
Elle est des plus banales mais son intérieur m’apparaît tout à la fois commode et accueillant. Tout comme se montre accueillante sa propriétaire qui ignore superbement nos semelles de chaussures boueuses et nous salue avec le sourire.
Pour abréger (parce que, soyez honnêtes, vous n’en avez rien à ficher des détails concernant cette maison), au rez du sol, l’entrée avec une chambre à main droite, une porte au fond qui donne accès à une très grande surface et une autre plus spécialement destinée à usage de garage, à gauche de la porte d’entrée, un escalier qui mène à l’étage avec ses trois chambres, la salle de bain, les wc, la cuisine et le salon/séjour.
Très certainement pour suivre les suggestions d’Eulalie, un feu flambe dans la cheminée au mitan du mur du salon/séjour. Un conseil fort avisé ; la note de chaleur occulte la maussaderie de la bruine qui crachote contre les vitres.
Je m’applique à garder un visage neutre, tout en examinant chaque pièce (autant que me le permet ma vue déficiente avec un œil qui grésille comme une ligne de haute tension), me contentant de demander des précisions à la propriétaire sur la réalité d’un tout-à-l’égout, sur le coût de l’entretien de la chaudière à gaz, pratiquement neuve, et du chauffage, sur le montant payé pour la dernière taxe foncière,…
maison Arnage En réalité, je sais que j’ai approuvé le choix de Cher Fils et que, déjà, je prends possession des lieux.
C’est le moment que choisit la propriétaire pour exprimer une requête inattendue.
Si Cher Fils et moi achetons sa maison, nous en deviendrons propriétaire fin mars/début avril au plus tard (Ah bon ! Elle en sait plus que moi sur la question) mais serait il possible que nous lui en laissions la jouissance jusque fin juin ?
Tout en lui prêtant une oreille distraire tandis qu’elle me fournit les raisons de sa demande, j’affecte de réfléchir intensément (j’adore jouer la comédie) à la réponse que je vais lui donner… Et que je connais déjà.
En fait, je jubile.
Rien ne me presse pour habiter cette maison et je ne vois que des avantages à répondre favorablement à la demande de la dame qui, pour achever de me convaincre, est en train de me proposer le paiement d’un loyer.
Ce délai va me laisser du temps pour vendre tranquillement mon appartement .
Toutefois, avant de conclure un marché qui va engager notre avenir à ma chienne et moi, il me reste à vérifier la proximité des commerces, des centres médicaux, et, plus important encore, des potentialités de promenades pour Roxane, critères fondamentaux, ainsi que je l’ai dit à Eulalie, pour asseoir ma décision.
Le verbe dire est en l’occurrence un euphémisme. En réalité j’ai seriné, ressassé, rebattu les oreilles d’Eulalie de mes desiderata concernant Roxane :
« Elle a besoin de liberté, d’espace.
- Je veux pouvoir la promener sans sa laisse et donc dans des chemins loin de toute circulation.
- Je tiens essentiellement à ce qu’elle puisse s’ébattre dans un parc, baguenauder dans des bois.
- Est-ce que vous me garantissez que je trouverai tout cela à Ar..ge. ? »

« Je vous le promets » M’affirme t-elle, tout en regrettant :
«C’est dommage que le temps ne s’y prête pas. Autrement, je vous aurais emmenée faire un tour dans les environs. » Et s’adressant à la propriétaire :
« Vous êtes bien d’accord qu’il n’y a pas beaucoup de chemin à parcourir pour trouver un lieu de promenade ? »
« Oh, il suffit de marcher sur une centaine de mètres en tournant le dos à la maison, de traverser un passage à niveau - mais je vous rassure, il y a très peu de passage de trains - et là, il y a des champs pour qui veut promener son chien. »
Certifie cette dernière.
Fine mouche, Eulalie qui n’a pas manqué de remarquer mon froncement de sourcil à l’évocation d’un passage à niveau propose, c’est le cas de le dire… Sur le champ :
« Mais, j’y pense.
- Il y a, à deux pas d’ici, un ravissant petit parc que je peux vous emmener voir si vous êtes prête à braver le mauvais temps.
- En plus, nous passerons devant le cabinet vétérinaire et vous pourrez constater qu’il est vraiment on ne peut plus proche. »

Moi, habituée à être promenée par Roxane qu’il pleuve, neige, vente ou grêle, ce n’est pas un petit crachin qui va m’impressionner et sans pitié pour les fragiles escarpins de « l’agente » et son impeccable brushing qu’elle tente de protéger sous un parapluie, je la laisse m’emmener dans le parc évoqué.
pont parc Il me semble bien riquiqui ce parc auquel on accède par un ravissant pont d’inspiration japonaise et dont la rivière Sarthe fait office de frontière à son extrémité.
« Ce que la pluie nous empêche de voir au fond du parc, ce sont deux chemins de terre qui longent le cours d’eau de part et d’autre et je peux vous assurer que vous avez de bons trajets de promenade le long du fleuve. »
Commente Eulalie qui se hâte de rappeler
« Malheureusement, je ne suis pas assez bien chaussée pour vous emmener plus loin et nous sommes également un peu pressées par le temps puisque vous devez repartir par le TGV à … heures et qu’il nous faudra encore remplir les documents pour le compromis de vente si la maison vous intéresse. »
Naïve que je suis, je m’attendais à des documents remplis, des documents qu’il aurait juste suffit de compléter de l’identité des acquéreurs, des documents que j’aurais eu tout loisir de lire (et de me faire éventuellement expliquer) malgré le handicap d’un œil monté sur ressort.
En réalité, lorsque nous arrivons à l’agence, Eulalie étale des formulaires sur son bureau tout en m’invitant à m’asseoir devant elle et commence à les remplir avec moult hésitations tout comme si elle s’essayait pour la première fois à cet exercice.
Quand elle me déclare qu’il lui faut téléphoner à son chef pour l’éclairer sur un point qu’elle ne comprend pas, je commence à m’inquiéter avec d’autant plus de raison qu’un bon quart d’heure lui a été nécessaire pour noter les renseignements basiques nous concernant Cher Fils et moi (identités, adresses, profession, n° de téléphone), qu’il lui faut encore inscrire les modalités financières prévues avec noms et adresses des organismes de crédit contactés et à contacter, etc. et qu’il ne nous reste qu’un peu plus d’une heure avant le départ de mon TGV.
Je lui demande si je peux aller satisfaire un besoin naturel pendant qu’elle téléphone à son chef. Manque de pot (Le petit plaisantin qui a claironné « de chambre » est prié de se retirer), la secrétaire ne trouve pas la clé du lieu réservé à cet acte intime et suppose que sa collègue l’a emmenée avec elle par inadvertance.
Du coup ce besoin qui s’était signalé discrètement à mon attention devient une envie des plus pressantes que je vais m’appliquer à tente d’étouffer pendant l’heure qui suit en serrant les cuisses.
Eulalie a eu son renseignement pendant un entretien téléphonique qui a duré un autre quart d’heure (dont une dizaine de minutes consacrée à échanger des potins avec chef d’agence) et ahane pour terminer son pensum tout en m’annonçant, avec une désinvolture qui me donne envie de lui faire subir une strangulation en bonne et due forme, l’obligation de photocopier en trois exemplaires la vingtaine de pages que comprend le formulaire, pages que je n’aurai plus qu’à parapher et à signer.
Vous croyez que j’ai le temps de relire et de vérifier ce que je signe alors que je suis affligée d’un œil qui s’exerce au trempoling, lancinée par une envie de faire pipi qui m’étrangle, obsédée par la terreur de voir mon TGV partir sans moi ?
Pour me venger - et aussi et surtout parce que ni Cher Fils ni moi ne disposons des fonds nécessaires - je déclare à Eulalie que sa commission ne lui sera payée que le jour où nous signerons l’acte d’achat devant notaire.
Sans rancune et sans doute parce que satisfaite de voir le compromis de vente dûment signé, Eulalie se montre tout à fait disposée à m’emmener à la gare dans sa petite auto.
voiture fusee Tout en effectuant le court trajet à un rythme et avec une virtuosité dignes de Schumi, elle m’annonce d’un ton désinvolte que nous disposons de 45 jours pour obtenir un crédit à partir de la présente date. (Vous avez remarqué comme cette agente se montre désinvolte chaque fois que ça l’arrange ?)
Finalement, elle doit quand même être plus rancunière que je ne le croyais car elle me glisse subrepticement que sa commission (12000 euros) lui resterait acquise si les crédits nous étaient refusés pour des motifs nous incombant qu’elle s’empresse de me détailler : quantité restreinte d’organismes de crédit contactés, refus de leur procurer des justificatifs demandés,….
Je digère l’information en gravissant in extremis et à toute allure les marches aqueuses de l’une des voitures du TGV.
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Les illustrations ont été empruntées :
diligence : http://www.gauget-family.net/
maison “home” et train :
http://www.123gifs.biz/
as de trèfle : http://www.contact-voyance.com/
rire : http://kriscounette.centerblog.net/
voiture fusée : http://www.gifsanimes.net/